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Le pape Léon XIV bouscule l’Espagne sur la migration, la paix et les abus

Devant les députés espagnols, le souverain pontife a plaqué un discours choc sur l’accueil des migrants et le désarmement. En coulisses, la polémique…

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Le pape Léon XIV bouscule l'Espagne sur la migration, la paix et les abus

Devant les députés espagnols, le souverain pontife a plaqué un discours choc sur l’accueil des migrants et le désarmement. En coulisses, la polémique gronde déjà sur sa rencontre avec les victimes d’abus sexuels.

C’est un geste inédit. Pour la première fois, un pape a pris la parole au Parlement espagnol. Léon XIV, chef spirituel de 1,4 milliard de catholiques, a livré un message clair face aux élus. Il a plaidé pour une réponse “coordonnée, solidaire et efficace” face à ce qu’il appelle le “drame tragique de la migration”. Selon lui, aucun pays ne peut gérer seul ce défi. Une position qui prend tout son sens en Espagne. Le pays mène une politique migratoire plutôt libérale, avec un plan récent de régularisation de sans-papiers. Une approche que la droite et l’extrême droite lui reprochent vertement. Le pape, lui, va plus loin. Il doit se rendre jeudi et vendredi aux îles Canaries, l’une des principales portes d’entrée des migrants en Europe. Un geste fort pour montrer sa solidarité.

Mais Léon XIV n’a pas fait que parler de migration. Il s’est aussi attaqué au réarmement, y compris en Europe. “Les armes peuvent imposer un silence temporaire, mais elles ne pourront jamais construire une paix authentique et durable”, a-t-il lancé. Une critique à peine voilée des tendances actuelles, alors que Donald Trump, très critique envers le pape sur la guerre, n’a pas été épargné. Léon XIV, lui-même né aux États-Unis, a appelé au “dialogue patient”. Son discours a été salué par des applaudissements et des cris de “Vive le pape”. Pourtant, tout n’est pas si lisse. Le pape a aussi rappelé sa position sur la vie “depuis sa conception jusqu’à son déclin naturel”. Un sujet explosif en Espagne, où l’euthanasie a été légalisée en 2021 et où le gouvernement propose d’inscrire le droit à l’avortement dans la Constitution.

La visite est aussi marquée par une autre polémique. Léon XIV doit rencontrer des victimes d’abus sexuels commis au sein de l’Église. Mais plusieurs associations majeures, comme Infancia Robada, dénoncent une mise à l’écart. “Nous sommes déçus que le pape préfère nous laisser de côté”, a déclaré leur porte-parole. Ils craignent que sa vision ne soit “totalement biaisée” s’il ne voit que des victimes accompagnées par l’Église. Pourtant, le scandale est immense. Un rapport de 2023 estime que 200 000 mineurs auraient été agressés par des membres du clergé en Espagne depuis 1940. Un accord d’indemnisation a été signé en mars entre le gouvernement et l’Église, après des années d’opacité. Le pape a reconnu que ces agressions sont “une plaie toujours ouverte”. Mais les associations veulent être entendues directement, pas seulement via des canaux officiels. La pression monte alors que la visite se poursuit, avec une messe géante à Madrid, un passage au stade Santiago Bernabéu, et un voyage à Barcelone pour bénir la nouvelle tour de la Sagrada Familia.

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