Société
Le grand oral du bac sous le feu des critiques
Dès lundi, les terminales passent l’ultime épreuve du bac, le grand oral, créé en 2021 mais déjà très contesté. Entre usage massif de l’IA, inégalités…


Dès lundi, les terminales passent l’ultime épreuve du bac, le grand oral, créé en 2021 mais déjà très contesté. Entre usage massif de l’IA, inégalités sociales et difficultés d’évaluation, enseignants et syndicats réclament une refonte en profondeur.
Cette année, plus de 530 000 lycéens de terminale générale et technologique doivent affronter le grand oral. L’épreuve semble simple sur le papier. Les élèves préparent deux questions sur leurs spécialités avec leurs professeurs. Le jour J, le jury en choisit une. Vingt minutes de préparation, dix minutes d’exposé, puis dix minutes d’échanges. Mais dans les coulisses, le malaise grandit. Beaucoup d’enseignants estiment que l’exercice privilégie la forme sur le fond. « Des élèves brillants en art oratoire mais très faibles sur les connaissances, cela pose problème », résume un syndicat enseignant. Et le problème s’aggrave avec l’intelligence artificielle. Chaque année, une part croissante de candidats l’utilise pour préparer leur exposé, parfois même pour le rédiger. Certains professeurs parlent d’une forme de triche, d’autres relativisent, soulignant que peu d’heures sont dédiées à la préparation de cette épreuve dans les emplois du temps.
Pourtant, tous les élèves ne voient pas l’IA d’un mauvais œil. Plusieurs lycéens interrogés expliquent l’avoir utilisée avec parcimonie, pour faire un plan ou vérifier des informations. Une élève des Deux-Sèvres dit même avoir été encouragée par ses professeurs à s’en servir comme outil d’appui. Mais du côté des jurys, le constat est plus amer. Beaucoup peinent à évaluer le fond des exposés, surtout quand ils ne maîtrisent pas la matière. Un professeur d’histoire-géographie confie que subir des oraux de maths est « une torture ». Résultat, seule la moitié de l’épreuve serait vraiment évaluable, selon des enseignants. Et le poids du grand oral reste important dans la note finale, même s’il a été réduit cette année (coefficient 8 en générale, 12 en technologique contre 10 et 14 avant).
Les inégalités sociales reviennent comme un leitmotiv dans les critiques. L’oral est une compétence qui s’acquiert surtout dans certains milieux. Les enfants de familles favorisées sont naturellement avantagés. Face à ces limites, plusieurs syndicats demandent une refonte en profondeur, voire la suppression pure et simple de l’épreuve. Un professeur de SES juge que l’oral de rattrapage, par exemple, est mieux conçu. « Mais celle-ci, c’est vraiment une fausse bonne idée », tranche-t-il. En attendant, les résultats du bac seront publiés le 7 juillet. Et le débat, lui, ne fait que commencer.
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