Économie
Le dirigeant d’Instagram s’apprête à témoigner devant la justice californienne


_**Le procès historique sur l’emprise des plateformes numériques sur les jeunes utilisateurs entre dans une phase cruciale avec l’audition d’un premier cadre de Meta.**_
Adam Mosseri, responsable de l’application Instagram, doit comparaître ce mercredi devant un tribunal de Los Angeles. Sa déposition constitue un moment charnière dans cette affaire inédite, où les géants du numérique sont accusés d’avoir conçu des produits aux mécanismes potentiellement captifs pour un public adolescent. Cette audition précède celle, prévue pour le mois prochain, de Mark Zuckerberg, président du groupe Meta.
L’instance judiciaire examine une plainte déposée par une jeune femme de vingt ans, dont le cas a été retenu comme procès de référence pour des milliers de réclamations similaires aux États-Unis. L’enjeu central ne réside pas dans la nature des contenus diffusés, mais dans l’architecture même des services. Les avocats des plaignants soutiennent que les algorithmes de recommandation et les fonctionnalités de personnalisation, en encourageant un usage compulsif, transforment ces plateformes en outils aux effets délétères.
La défense de YouTube, filiale de Google, a ouvert le débat en contestant fermement ces qualifications. Son avocat a argué que le service de vidéos en ligne ne pouvait être techniquement défini comme un réseau social et qu’il n’avait jamais cherché à créer une dépendance chez ses utilisateurs. Il a présenté des documents internes mettant en avant une volonté de privilégier la qualité de l’expérience utilisateur plutôt que le seul temps passé en ligne.
Le témoignage d’Adam Mosseri interviendra après celui d’une experte en psychiatrie de l’université Stanford, appelée à la barre par l’accusation. Celle-ci a développé devant le jury une analyse comparant l’usage intensif des médias sociaux par les adolescents à une forme d’exposition précoce, influençant le développement cérébral à un âge où les capacités de régulation ne sont pas encore pleinement établies.
De son côté, la défense de Meta a entamé sa plaidoirie en cherchant à démontrer que les difficultés personnelles de la plaignante relèveraient davantage de son contexte familial que de son utilisation des applications du groupe. La jeune femme, qui n’assiste pas aux audiences pour le moment, témoignera ultérieurement.
Ce procès, dont les débats doivent se poursuivre jusqu’à la mi-mars, s’inscrit dans un contexte judiciaire plus large. D’autres affaires similaires sont attendues dans la région, tandis qu’une procédure fédérale regroupant de nombreuses plaintes est en cours d’instruction. Parallèlement, une action distincte a été engagée au Nouveau-Mexique, accusant Meta de ne pas protéger suffisamment les mineurs sur ses plateformes.





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