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Le combat d’un centenaire pour faire reconnaître l’esclavage du STO

Albert Corrieri, 104 ans, a décidé de porter son dossier devant la Cour européenne des droits de l’homme. Il réclame 43 200 euros pour les heures de…

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Le combat d'un centenaire pour faire reconnaître l'esclavage du STO

Albert Corrieri, 104 ans, a décidé de porter son dossier devant la Cour européenne des droits de l’homme. Il réclame 43 200 euros pour les heures de travail forcé qu’il a effectuées en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale.

À 20 ans, Albert Corrieri était plombier à Marseille. En 1943, il est envoyé de force en Allemagne dans le cadre du Service du travail obligatoire instauré par le régime de Vichy. Pendant plus de deux ans, il est affecté à une usine chimique à Ludwigshafen. Il charge des wagons de charbon, travaille dix heures d’affilée, six jours sur sept, sous la menace des armes. Il est blessé au bras lors des bombardements alliés. Aujourd’hui, il estime que la France a une dette envers lui.

Son combat judiciaire est long et semé d’obstacles. Débouté par la cour d’appel administrative de Marseille en 2025, il se tourne désormais vers la justice européenne. Les juges français se sont appuyés sur une loi de 1951 qui prévoyait déjà une indemnisation pour les victimes du STO. Mais pour Albert Corrieri, cette indemnisation n’a pas couvert son préjudice financier. Il réclame 10 euros de l’heure soit 43 200 euros pour toute la période de travail forcé du 13 mars 1943 au 15 avril 1945.

Son avocat, Me Michel Pautot, insiste sur l’urgence de la situation. Albert Corrieri a 104 ans et les survivants du STO se comptent sur les doigts d’une main. L’avocat estime que l’État français aurait dû créer un fonds d’indemnisation spécial pour ces rescapés. Ce combat dépasse la simple demande d’argent. Il s’agit de faire reconnaître l’esclavage moderne de la Seconde Guerre mondiale. Un autre ancien du STO, Erpilio Trovati, était aussi engagé dans cette action mais il est décédé à l’automne. Pour Albert Corrieri, la CEDH représente l’ultime espoir.

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