Économie
Le budget 2026, un équilibre fragile entre dépenses militaires et rigueur fiscale

Adopté après un parcours parlementaire mouvementé, le projet de loi de finances pour l’année prochaine consacre un effort historique pour la défense, tout en maintenant une trajectoire de réduction des déficits plus lente qu’annoncée.
Le texte, définitivement voté ce lundi, cristallise les tensions politiques. La majorité le présente comme un budget de responsabilité, tandis que l’opposition de droite le qualifie de dispendieux et la gauche radicale d’austère. Il porte la marque des négociations avec les socialistes, dont le soutien a été déterminant pour son adoption.
Le déficit public devrait atteindre 5,0% du produit intérieur brut l’an prochain, un niveau supérieur à l’objectif initial de 4,7%. Cette dégradation s’explique par des arbitrages en faveur des dépenses sociales et de l’État. La dette publique continuera sa progression, pour s’établir à 118,2% du PIB. Le gouvernement met en avant un ralentissement significatif de la croissance des dépenses publiques, qui passerait sous la barre de 1% en volume.
Le volet fiscal du budget affiche une volonté de stabilité pour les particuliers, avec le maintien de l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu et la préservation des avantages pour les retraités. En revanche, les entreprises supporteront l’essentiel des efforts. La surtaxe sur les bénéfices des grandes sociétés est pérennisée et alourdie, générant 7,3 milliards d’euros de recettes. Par ailleurs, une partie de la baisse prévue de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises est annulée.
L’effort budgétaire se concentre sur le ministère des Armées, dont les crédits augmentent de 6,5 milliards d’euros. Cette priorité se fait au détriment d’autres postes. Des réductions sont actées dans les budgets de plusieurs ministères, notamment ceux chargés de la cohésion des territoires, de l’écologie, de la culture et de l’agriculture. Le programme France 2030 et le Fonds vert pour la transition écologique sont également revus à la baisse.
Les socialistes ont obtenu plusieurs concessions, comme le renforcement de la prime d’activité, la généralisation du repas à un euro pour les étudiants et une revalorisation des aides au logement. Ils n’ont en revanche pas réussi à imposer de nouvelles taxes sur les hauts revenus ou les grandes fortunes. La gauche dénonce par ailleurs la suppression programmée de plusieurs milliers de postes dans l’Éducation nationale et certaines mesures jugées restrictives sur le financement du permis de conduire.

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