Économie
Le bras financier du Hezbollah dans la tourmente
_**Ciblée par des frappes israéliennes et des sanctions occidentales, l’institution Al-Qard al-Hassan demeure un pilier économique du mouvement chiite au Liban, continuant ses activités malgré les pressions.**_
L’institution financière Al-Qard al-Hassan, étroitement liée au Hezbollah, a été la cible de nouvelles frappes aériennes israéliennes cette semaine. Ces attaques visent plusieurs de ses succursales, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth, un fief du mouvement. L’armée israélienne justifie ces opérations en qualifiant la société d’élément central dans le financement des activités du groupe.
Cette offensive militaire s’inscrit dans un cadre de pressions internationales plus large, menées de longue date par les États-Unis. Washington impose des sanctions à l’encontre de cette structure depuis 2007, cherchant à tarir les sources de financement du Hezbollah. Les autorités américaines ont récemment accentué leurs demandes auprès du gouvernement libanais pour obtenir la fermeture définitive d’Al-Qard al-Hassan, l’accusant de faciliter le blanchiment d’argent et de contourner le système financier régulé.
Dans un contexte de paralysie du secteur bancaire libanais, cette institution a gagné une popularité significative. Elle propose des services de microcrédit et des prêts sans intérêts, conformes aux principes de la finance islamique, à une population confrontée à une crise économique profonde. Son réseau d’une trentaine d’agences, présent au-delà des zones d’influence traditionnelle du Hezbollah, continue de fonctionner malgré l’interdiction émise par la Banque centrale du Liban l’été dernier.
Le modèle économique de l’organisation repose largement sur des transactions en espèces et sur un système de prêts garantis par des dépôts en or. Elle affirme servir une clientèle diverse, transcendant les clivages communautaires, bien que son ancrage principal demeure au sein de la population chiite. Pour ses détracteurs, elle représente un système financier parallèle, échappant à toute supervision des autorités de régulation.
Al-Qard al-Hassan s’intègre dans un vaste réseau social, éducatif et médical déployé par le Hezbollah, qui contribue à son assise populaire. Bien que son origine remonte à un soutien iranien dans les années 1980, elle serait aujourd’hui principalement autofinancée par des dons de la diaspora. Sa résilience face aux frappes militaires et aux sanctions illustre la complexité du défi que représente le démantèlement des infrastructures économiques du mouvement.
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