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Le 15 va filtrer les urgences bien plus tôt pour désengorger les hôpitaux

Le gouvernement étend le tri des patients par téléphone à une centaine d’établissements dès l’automne, avant même les pics d’épidémie. L’objectif est…

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Le 15 va filtrer les urgences bien plus tôt pour désengorger les hôpitaux

Le gouvernement étend le tri des patients par téléphone à une centaine d’établissements dès l’automne, avant même les pics d’épidémie. L’objectif est d’éviter la saturation et de faire baisser les passages aux urgences de 20% sans nuire à l’accès aux soins.

Aujourd’hui, le filtrage des urgences par le 15 n’est déclenché qu’en période de crise. En hiver, pendant les épidémies, ou en été, certains hôpitaux décident de faire passer tous les appels par un médecin régulateur avant d’orienter les patients. Mais ce dispositif reste ponctuel et souvent tardif. La ministre de la Santé a annoncé vendredi un changement de braquet. Dès cet automne, une centaine d’établissements devront mettre en place ce filtrage de manière préventive, avant que les tensions ne s’installent. L’idée est simple anticiper l’engorgement pour que les équipes ne soient pas déjà épuisées quand l’afflux arrive.

Concrètement, chaque hôpital concerné définira ses horaires de régulation. Certains choisiront un filtrage 24 heures sur 24, d’autres seulement la nuit ou le week-end. Les agences régionales de santé décideront quels établissements sont prioritaires. Et même quand le 15 filtre les appels, une présence humaine est maintenue à l’entrée des urgences pour les patients qui se présentent sans avoir appelé. Le but n’est pas de fermer la porte mais de rediriger vers un médecin de ville ou une maison médicale quand c’est possible. Selon la ministre, cette régulation permet déjà de réduire de 20% le nombre de passages aux urgences, sans dégrader la qualité des soins.

Mais le filtrage ne suffit pas. La ministre veut aussi généraliser la réorientation dès l’entrée de l’hôpital. Aujourd’hui, certains établissements aident les patients à trouver une consultation en ville plutôt que de les laisser attendre aux urgences pour un problème bénin. L’objectif est que 100% des hôpitaux pratiquent cette réorientation d’ici deux ans. Par ailleurs, le manque de lits d’aval est un problème chronique. Les urgentistes le rappellent des patients restent parfois des heures ou des jours aux urgences faute de place dans les services d’hospitalisation. Pour y remédier, la ministre veut que chaque établissement ait un gestionnaire de lits, chargé de repérer les lits inoccupés et d’y placer les patients. Actuellement, seulement 73% des hôpitaux en sont équipés. L’objectif est d’atteindre 100%.

Autre piste développer l’admission directe sans passer par les urgences. Cela concerne surtout les personnes très âgées et polypathologiques venant des Ehpad, ainsi que les patients qui viennent régulièrement pour leur maladie chronique. Ces usagers fréquents pourraient être hospitalisés directement dans le bon service. La ministre veut aussi créer des salons d’attente pour les patients qui n’ont pas besoin d’un lit, par exemple ceux qui attendent un transport sanitaire ou une opération programmée. Cela libérerait des lits pour les urgences. Les médecins urgentistes, eux, attendent beaucoup des conclusions d’une mission sur le sujet, prévue pour la mi-juillet. Ils redoutent un été aussi difficile que l’an dernier, et insistent sur le besoin urgent de places d’hospitalisation en aval.

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