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L’armée bolivienne prête à en finir avec les barrages routiers
Le Parlement bolivien autorise le recours à l’armée pour lever les blocages qui paralysent le pays depuis cinq semaines. Nourriture, carburants et…

Le Parlement bolivien autorise le recours à l’armée pour lever les blocages qui paralysent le pays depuis cinq semaines. Nourriture, carburants et médicaments manquent, et la tension monte.
Le président Rodrigo Paz a obtenu le feu vert du Parlement pour mobiliser l’armée. La Chambre des députés a voté la loi après une séance marathon de 15 heures, dans la nuit de samedi à dimanche. Le Sénat l’avait déjà approuvée. Cette mesure doit permettre de débloquer les routes tenues depuis plus d’un mois par des paysans, des mineurs, des transporteurs et d’autres travailleurs. Ils protestent contre la grave crise économique qui frappe la Bolivie. Le président, un centriste au pouvoir depuis six mois, s’apprête à proclamer l’état d’exception. Cela lui donnerait plus de moyens pour utiliser l’armée et restreindre les libertés de réunion et de circulation. Jusqu’ici, les militaires étaient restés en retrait, la police antiémeute gérant seule les opérations pour dégager certaines routes.
Les barrages ont provoqué des pénuries dramatiques à La Paz, la capitale, et dans la ville voisine d’El Alto. Les habitants manquent de nourriture, de médicaments et de carburant. Les files d’attente devant les stations-service restent immenses. Beaucoup passent la nuit dans leur voiture pour espérer obtenir un peu d’essence ou de diesel. La crise touche aussi, dans une moindre mesure, Cochabamba, Potosi et d’autres régions. Les affrontements ne cessent de s’intensifier. Samedi, la police a tiré des gaz lacrymogènes contre des paysans bloquant un axe stratégique à San Julian, dans l’est du pays. Bilan six policiers et 14 civils blessés. Les manifestants maintiennent des barrages en au moins 80 points du territoire, utilisant des gravats ou des troncs d’arbres.
La loi adoptée contient un article particulièrement controversé. Pendant l’état d’exception, les militaires bénéficieront d’une présomption de légalité pour leurs actions. Le gouvernement devra aussi assurer leur défense juridique en cas de poursuites. Un député de la majorité a justifié cette disposition en expliquant qu’elle est nécessaire pour que forces de l’ordre soient prêtes à protéger le pays face à la violence. Elle vise à dissuader les soldats d’hésiter à agir, par peur d’être traînés devant la justice. Ce point rappelle de mauvais souvenirs. Sous la présidence de Jeanine Añez (2019-2020), plusieurs hauts gradés avaient été poursuivis et emprisonnés après des affrontements meurtriers avec des civils, faisant plus de 30 morts. Le gouvernement actuel accuse l’ancien président Evo Morales d’être derrière les manifestations. L’ex-dirigeant rejette ces allégations et reste retranché dans son bastion du Chapare, alors qu’il est visé par un mandat d’arrêt dans une affaire de traite de mineure qu’il conteste.
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