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L’Argentine dit adieu à Taty Almeida, la mère qui a transformé sa rage en combat pacifique

Figure de proue des Mères de la place de Mai, Taty Almeida s’est éteinte dimanche à 95 ans. Elle a incarné pendant près d’un demi-siècle la quête de…

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L'Argentine dit adieu à Taty Almeida, la mère qui a transformé sa rage en combat pacifique

Figure de proue des Mères de la place de Mai, Taty Almeida s’est éteinte dimanche à 95 ans. Elle a incarné pendant près d’un demi-siècle la quête de vérité et de justice pour les 30 000 disparus de la dictature argentine.

Taty Almeida n’était pas une militante née. Enseignante, mère de trois enfants, elle a vu son monde s’effondrer en 1975 quand son fils Alejandro, étudiant en médecine de 20 ans, a été enlevé par les forces de l’ordre. Militant de gauche, il faisait partie de la guérilla de l’Armée révolutionnaire du peuple (ERP). Comme des milliers d’autres, il n’est jamais réapparu. Cette perte a fait naître en elle une colère qu’elle a appris à canaliser. « Cette rage, nous l’avons transformée en amour, en lutte pacifique », confiait-elle en 2017.

Elle a d’abord hésité à rejoindre les Mères de la place de Mai, craignant d’être mal accueillie en raison de ses origines familiales. Fille et sœur de militaires, elle redoutait d’être prise pour une espionne. Mais quand elle a franchi le pas, en 1979, ce fut une révélation. Pendant des décennies, elle a marché chaque semaine avec son foulard blanc, exigeant la vérité sur le sort des disparus. Jamais elle n’a retrouvé le corps de son fils. Sa détermination ne s’est jamais éteinte, même après la fin de la dictature en 1983.

Ces dernières années, elle s’est opposée avec force aux politiques de mémoire défendues par le président ultralibéral Javier Milei. Lors des commémorations du 50e anniversaire du coup d’État de 1976, sa voix portait encore. Sa disparition a provoqué une vague d’hommages en Argentine. Estela de Carlotto, autre figure des droits humains, a salué « une battante » et promis de poursuivre le combat. L’ancienne présidente Cristina Kirchner a écrit sur les réseaux sociaux qu’elle avait « su honorer la vie ». Sa dépouille est exposée lundi à Buenos Aires, avant un dernier adieu que ses proches préparent avec émotion. Sa fille Fabiana a raconté lui avoir dit, quelques heures avant sa mort : « Maman, lâche prise. Alejandro t’attend là-haut. »

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