Monde
L’ancienne présidente argentine dénonce une « machination judiciaire »

Devant la cour, Cristina Kirchner a fustigé des procédures qu’elle estime destinées à l’éliminer politiquement, évoquant un risque d’incarcération définitive.
L’ancienne cheffe de l’État, âgée de 73 ans, a prononcé ces mots lors de la première audience en présentiel de son procès pour corruption. Assignée à résidence et porteuse d’un bracelet électronique depuis une précédente condamnation, elle a qualifié les poursuites de « pratiques mafieuses » orchestrées par des magistrats et des procureurs. Selon elle, l’objectif serait de briser son influence au sein de l’opposition face au pouvoir actuel.
L’affaire, qui implique au total quatre-vingt-six prévenus, concerne des faits remontant aux années 2000. L’accusation évoque un système de rétrocommissions présumées, liant des entreprises de BTP, d’énergie et de transport à des attributions de marchés publics. Le parquet soutient que ce mécanisme aurait fonctionné sur une période de douze ans, jusqu’en 2015.
Devant les juges, l’ancienne présidente a rejeté avec ironie l’idée d’avoir dirigé une vaste association illicite regroupant, selon ses termes, « tous les hommes d’affaires argentins ». Elle a également pointé du doigt des déclarations récentes du chef de l’État, qu’elle accuse de franchir les limites constitutionnelles en évoquant publiquement son sort pénal.
La défense, quant à elle, a contesté la fiabilité des principaux témoignages, émanant d’entrepreneurs ayant conclu des accords de collaboration avec la justice. Les avocats ont également mis en cause l’authenticité de documents manuscrits, des agendas qui consigneraient des mouvements de fonds suspects et qui constituent un élément central du dossier.
À l’issue de l’audience, Cristina Kirchner a quitté les lieux sans s’exprimer devant la presse, refusant selon ses mots de prendre part à ce qu’elle a appelé un « cirque ». Plusieurs centaines de sympathisants s’étaient rassemblés devant sa résidence pour marquer leur soutien, brandissant des drapeaux nationaux et des banderoles réclamant sa libération.
La procédure, dont l’instruction s’est ouverte l’année dernière, s’annonce particulièrement longue, avec une liste de témoins dépassant la centaine de noms. Elle pourrait ainsi se prolonger au-delà de l’année 2026. La peine encourue en cas de condamnation pourrait atteindre une décennie d’emprisonnement, avec une possible demande de maintien en détention à domicile.

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