Monde
L’ancien pouvoir népalais dans le viseur de la justice

Les arrestations se succèdent à Katmandou. Deux jours après l’investiture du nouveau gouvernement, un troisième ex-ministre a été interpellé dans le cadre d’enquêtes liées aux violences de septembre dernier.
Les autorités judiciaires népalaises ont procédé dimanche à l’arrestation de l’ancien ministre de l’Énergie, Deepak Khadka. Cette interpellation fait suite à la découverte de sommes d’argent liquide à son domicile lors des troubles qui ont secoué le pays les 8 et 9 septembre 2025. La police judiciaire a confirmé qu’il était visé par une enquête pour blanchiment de capitaux. Cette nouvelle mesure intervient moins de quarante-huit heures après les arrestations, samedi à l’aube, de l’ancien chef du gouvernement KP Sharma Oli et de son ex-ministre de l’Intérieur, Ramesh Lekhak. Les trois hommes sont placés en garde à vue.
Ces procédures s’inscrivent dans le sillage d’un rapport d’une commission d’enquête de transition, rendu public cette semaine. Le document recommande des poursuites pénales contre les anciens responsables pour leur rôle présumé dans la répression des émeutes. Ces événements, déclenchés par un mouvement de protestation de la jeunesse contre la corruption et le chômage, avaient causé la mort d’au moins soixante-seize personnes et fait plus de deux mille six cents blessés. Des bâtiments publics, dont le Parlement, ainsi que des résidences privées de figures politiques avaient été incendiés ou saccagés.
Le Parti communiste népalais (CPN-UML), formation de l’ancien Premier ministre, a dénoncé une manœuvre de vengeance politique et appelé ses sympathisants à manifester. Des rassemblements ont eu lieu samedi et dimanche à Katmandou, à proximité du tribunal où les ex-dirigeants pourraient être présentés à un magistrat. Un important dispositif policier a été déployé pour contenir les protestations et sécuriser les abords du palais de justice.
Le nouveau ministre de l’Intérieur, Sudan Gurung, lui-même figure marquante des manifestations de septembre, a défendu la démarche des autorités. Il a affirmé sur les réseaux sociaux que l’application des recommandations de la commission ne relevait ni de la vendetta ni de l’arbitraire, mais marquait le début d’un processus judiciaire normal. Le gouvernement, dirigé depuis vendredi par le vainqueur des législatives du 5 mars, Balendra Shah, a par ailleurs présenté un vaste plan de réforme en cent points. Celui-ci prévoit notamment la création d’une commission chargée d’examiner le patrimoine des élus et des hauts fonctionnaires, avec pour objectif affiché de lutter contre la corruption et l’impunité.

Faits DiversEn Ligne 6 joursTrente-neuf ans après, les parents d’Inass Touloub face à leurs juges
PolitiqueEn Ligne 7 joursUne primaire au centre et à droite pour éviter Le Pen-Mélenchon, le casse-tête d’Édouard Philippe
SociétéEn Ligne 7 joursBlocus des lycées dès lundi et grèves jeudi, une semaine mouvementée
SociétéEn Ligne 6 joursBlocus, manifs et rentrée agitée dans les lycées et les facs
PolitiqueEn Ligne 5 joursÉdouard Philippe assume ses mots sur l’immigration et la gauche l’accuse de parler comme l’extrême droite
ÉconomieEn Ligne 7 joursNvidia, le banquier devenu moteur de l’intelligence artificielle
MondeEn Ligne 7 joursUn avocat sanctionné pour mensonges électoraux veut piloter les élections en Arizona
PolitiqueEn Ligne 2 joursNeuf députés du groupe communiste et ultramarin préfèrent Mélenchon à Roussel
















