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L’ancien magistrat Philippe Bilger règle ses comptes avec CNews dans un livre accusateur


L’ancien chroniqueur de la chaîne d’information, évincé en janvier, dénonce dans un ouvrage à paraître un fonctionnement qu’il qualifie de « totalitaire » et une dérive vers la pensée unique, en contradiction selon lui avec les principes affichés.
L’ancien avocat général Philippe Bilger, collaborateur régulier de CNews pendant huit ans, publie ce jeudi un réquisitoire sévère contre sa chaîne d’origine. Intitulé « L’heure des crocs », en référence à l’émission phare de Pascal Praud, l’ouvrage dépeint une rédaction enfermée dans un dogmatisme étroit, loin des promesses de pluralisme et de liberté d’expression qu’elle met en avant à l’antenne. L’auteur, pourtant proche des idées conservatrices défendues par la chaîne, fustige un climat intellectuel appauvri, où la nuance et la complexité seraient systématiquement sacrifiées au profit de positions simplistes et de l’anathème.
Selon Philippe Bilger, une ligne éditoriale rigide dicterait en coulisses les prises de position à adopter, transformant les débats en exercices de conformisme. Il cite en exemple des sujets comme la présidence de Donald Trump, l’affaire judiciaire concernant Nicolas Sarkozy ou le conflit israélo-palestinien, où toute divergence serait devenue inaudible. Cette uniformité de pensée, estime-t-il, relève d’un mécanisme « totalitaire » qui nie l’esprit même du débat démocratique. L’ancien magistrat reconnaît avoir lui-même souscrit à une large partie des orientations de la chaîne, mais il déplore que celle-ci privilégie désormais la « détestation des personnes » à l’argumentation.
Son éviction soudaine, intervenue le 23 janvier dernier sans explication formelle selon ses dires, aurait été motivée par deux désaccords précis. Le premier concerne son refus d’adopter une position partiale après la condamnation de l’ancien président Sarkozy. Le second touche à ses critiques à l’égard de la politique israélienne, un sujet sur lequel la chaîne afficherait selon lui un soutien inconditionnel. La direction de CNews, pour sa part, conteste cette version et évoque le renouvellement naturel des collaborations. Elle salue la qualité des nombreuses interventions de Philippe Bilger tout en regrettant « une telle aigreur ».
L’intéressé assure que ce départ contraint l’a finalement libéré. Il confie avoir éprouvé un sentiment croissant de malaise à participer à des émissions où sa liberté de ton se heurtait à des limites invisibles mais bien réelles. S’il reconnaît une formulation malheureuse dans un entretien au « Monde » évoquant son traitement par la chaîne, il maintient le fond de son analyse. Loin de mordre la main qui l’a nourri, Philippe Bilger estime avoir été rejeté par un système auquel il avait pourtant contribué. Son témoignage intervient dans un contexte de vives polémiques autour de la ligne éditoriale de CNews, régulièrement accusée par une partie de la classe politique de servir de relais à l’extrême droite, ce que la chaîne dément avec force.





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Fox
7 avril 2026 at 19 h 07 min
Maître bilger, vieil aigri, qui crache bien son venin😡
Fabrice
8 avril 2026 at 12 h 33 min
Quand les gens sont plus d’accord il deviennent aigri mdr mieux vaut en rire