Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

L’Amérique latine mise sur ses richesses naturelles pour négocier face aux géants

Face à la rivalité entre Washington et Pékin, un rapport de l’ONU conseille à la région de transformer ses ressources naturelles en arme diplomatique. Le…

Article

le

L’Amérique latine mise sur ses richesses naturelles pour négocier face aux géants

Face à la rivalité entre Washington et Pékin, un rapport de l’ONU conseille à la région de transformer ses ressources naturelles en arme diplomatique. Le pari est audacieux, mais les atouts sont réels.

Le monde bouge, et vite. La rivalité entre la Chine et les États-Unis redessine les équilibres, le multilatéralisme s’effrite et les grandes puissances se méfient d’une interdépendance qu’elles ont pourtant contribué à bâtir. Dans ce contexte, les pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont une carte à jouer, celle de leurs abondantes ressources naturelles, du lithium au cuivre, sans oublier le graphite et les terres rares. C’est le message porté par la commission économique de l’ONU pour la région, qui a présenté à Santiago un rapport consacré à ces bouleversements.

Ce rapport, piloté par Michelle Bachelet, ancienne présidente chilienne et coprésidente de la commission, appelle les gouvernements à ne pas choisir un camp de manière rigide. Il faut au contraire utiliser ce que la région possède en abondance comme levier de négociation dans un monde en recomposition. « Le monde a changé et les pays d’Amérique latine et des Caraïbes disposent de nombreux atouts dont le monde a besoin », résume celle qui est également candidate à la tête de l’ONU. Mais elle prévient que détenir ces ressources ne suffit pas. Encore faut-il savoir les transformer en force diplomatique.

La faiblesse actuelle de la région, c’est son manque d’intégration économique. Seulement 14% des exportations des pays latino-américains et caribéens partent vers d’autres pays de la zone, un chiffre très bas comparé à d’autres régions du monde. Pour peser face aux géants, il faudrait vendre plus entre voisins, créer des chaînes de valeur communes et parler d’une seule voix. « Pour tout ce dont nous parlons, il faut une volonté d’intégration, et je ne suis pas sûre qu’elle existe aujourd’hui dans la région », prévient Michelle Bachelet. Un aveu lucide, alors que l’Amérique latine et les Caraïbes comptent environ 660 millions d’habitants.

Selon les estimations de l’ONU, l’économie régionale devrait enregistrer une croissance de 2,2% cette année. Une progression modeste, qui montre que la région a besoin de trouver de nouveaux moteurs de développement. Les ressources naturelles, si elles sont bien utilisées, peuvent en être un. Encore faut-il que les dirigeants s’en donnent les moyens.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus