Monde
La trêve à un fil entre Israël et le Liban
Israël et le Liban viennent de poser les bases d’un cessez-le-feu conditionnel, sous l’œil de Washington. Mais sur le terrain, les frappes et les tirs…


Israël et le Liban viennent de poser les bases d’un cessez-le-feu conditionnel, sous l’œil de Washington. Mais sur le terrain, les frappes et les tirs continuent de faire des victimes.
Mercredi, après deux jours de discussions à Washington, Israël et le Liban se sont entendus sur un principe simple mais difficile à appliquer. Le cessez-le-feu ne sera effectif que si le Hezbollah cesse totalement ses tirs et évacue la zone située au sud du fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne. L’armée libanaise doit prendre le contrôle exclusif de « zones pilotes » dans cette région, sans aucun acteur non étatique, ce qui vise directement le mouvement chiite. Pourtant, le Hezbollah rejette ces négociations et continue de revendiquer des attaques contre l’armée israélienne. Jeudi matin encore, un aéronef suspect a déclenché l’alerte dans le nord d’Israël, sans faire de blessé. L’accord, lui, prévoit une nouvelle session de pourparlers courant juin pour tenter d’aboutir à un accord global. Mais la méfiance est totale.
Depuis le début de la guerre début mars, le bilan humain est terrible. Côté libanais, plus de 3 500 personnes ont été tuées et plus d’un million déplacées. Parmi elles, au moins 130 secouristes et personnels médicaux ont perdu la vie, souvent visés directement. Mercredi, une frappe israélienne a touché une ambulance près de Tyr, tuant deux secouristes. Un autre secouriste a été tué dans la nuit à Zebdine. Côté israélien, 26 soldats et un civil contractuel ont été tués. Le cessez-le-feu officiel du 17 avril est régulièrement bafoué, et Israël a intensifié ses frappes ces derniers jours. Les risques d’embrasement régional sont réels, surtout que les discussions entre Washington et Téhéran patinent. Le président Donald Trump a insisté pour séparer le dossier libanais de celui de l’Iran, mais Téhéran considère les deux comme liés. Le chef de la diplomatie iranienne a prévenu qu’une attaque sur Beyrouth relancerait la guerre à grande échelle. Le Hezbollah, lui, a déjà accepté une proposition américaine pour arrêter les frappes sur la banlieue sud de Beyrouth en échange d’un arrêt de ses attaques, mais refuse un cessez-le-feu partiel. La situation reste donc explosive, et chaque jour de combats aggrave une crise humanitaire déjà immense.
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