Économie
La SNCF face à la quadrature du cercle salariale


_**Alors que les négociations annuelles s’achèvent ce mardi, l’appel à la grève de deux syndicats n’a que faiblement perturbé le trafic. Le conflit cristallise les tensions entre les revendications des organisations et la stratégie de l’entreprise confrontée à l’ouverture du marché.**_
Le groupe ferroviaire a annoncé une circulation quasi normale sur l’ensemble de son réseau ce mardi, malgré un mouvement social national. Seules quelques lignes régionales en Occitanie et en Île-de-France ont connu des perturbations limitées. Cette journée de mobilisation, à l’initiative de la CGT et de Sud-Rail, coïncide avec la clôture des négociations annuelles obligatoires sur les rémunérations.
Les deux syndicats entendent ainsi peser sur les discussions finales. La CGT, première organisation du groupe, réclame notamment une augmentation générale des salaires et des pensions de douze pour cent, l’instauration d’un treizième mois et l’harmonisation des grilles salariales. Elle dénonce par ailleurs des effectifs jugés insuffisants et une dégradation des conditions de travail. De son côté, Sud-Rail exige une revalorisation immédiate de quatre cents euros pour tous, assortie d’une hausse des primes, arguant d’une charge de travail accrue et d’une polyvalence imposée.
La direction, qui doit présenter sa proposition officielle lors d’une table ronde, n’a pas dévoilé le montant de la hausse envisagée. Elle met en avant une progression moyenne de la rémunération de seize virgule quatre pour cent sur les quatre dernières années, pour une inflation cumulée de huit virgule un pour cent sur la même période. L’entreprise affirme que la totalité des agents a bénéficié d’une augmentation supérieure à dix pour cent et indique vouloir concentrer ses efforts sur les plus bas salaires, qui se situent tous, selon elle, au-dessus du SMIC majoré de dix pour cent.
Ce débat intervient dans un contexte financier favorable, le groupe ayant multiplié son bénéfice net au premier semestre, porté par la reprise du trafic. Les résultats complets pour l’année écoulée seront communiqués fin février. La situation contraste avec les défis structurels auxquels l’entreprise est confrontée. Depuis son arrivée, le président Jean Castex a engagé une série de consultations avec les partenaires sociaux sur l’adaptation du modèle social du groupe à l’ouverture à la concurrence.
La SNCF, qui ne recrute plus de personnel au statut protecteur depuis une réforme en 2020, voit la part des contractuels augmenter progressivement. Ils pourraient représenter la moitié des effectifs d’ici la fin de la décennie. Pour maintenir son attractivité et retenir ses salariés, susceptibles d’être sollicités par des concurrents entrants ou par des industriels, la direction a lancé des travaux sur plusieurs fronts, incluant la charge de travail, la santé mentale ou la formation. L’enjeu est de repenser en profondeur la politique sociale du groupe tout en préservant sa compétitivité.





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