Économie
La SNCF dégaine primes et concessions pour calmer ses cheminots
Après une grève très suivie le 10 juin, la direction du rail promet 100 euros à chaque agent et du temps supplémentaire pour négocier localement. Objectif…


Après une grève très suivie le 10 juin, la direction du rail promet 100 euros à chaque agent et du temps supplémentaire pour négocier localement. Objectif : retrouver la sérénité avant l’été et éviter que le climat social ne se dégrade.
C’était une réponse directe à la mobilisation du 10 juin. Les quatre principaux syndicats avaient appelé à la grève, et le mouvement a été largement suivi. La SNCF a donc annoncé, mardi, deux mesures fortes pour apaiser les tensions. D’abord, une prime de 100 euros versée à chacun des quelque 150 000 cheminots. Ensuite, une rallonge de temps pour négocier les conditions de travail dans les nouvelles sociétés locales créées pour l’ouverture à la concurrence. Le groupe précise qu’une deuxième prime de 100 euros sera versée en juillet, en raison de l’inflation prévue en 2026. Un geste d’autant plus remarqué que la SNCF a engrangé un bénéfice record de 1,8 milliard d’euros en 2025.
Concrètement, les salariés transférés dans les trois filiales déjà existantes auront jusqu’à fin 2027, avec une option d’un an supplémentaire, pour négocier l’organisation du temps de travail. Les futures sociétés, elles, bénéficieront de deux ans au lieu des 15 mois initialement prévus. Pourquoi ce délai ? Parce que les réalités locales diffèrent. À Nice, où les trains de soirée sont nombreux, les besoins ne sont pas les mêmes qu’en milieu rural, où la polyvalence des tâches est prioritaire. La direction affirme ne pas vouloir ralentir l’ouverture à la concurrence, mais plutôt « se donner un maximum de chances pour embarquer les personnels ». Sa formule est claire : « L’ouverture à la concurrence ne se fera pas sans les cheminots. »
Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les anciens cheminots déjà passés chez des concurrents comme Transdev, qui exploite depuis un an la ligne Nice‑Marseille, ne bénéficient pas de ces assouplissements ni des primes. La SNCF insiste sur le fait que les salariés conservent leur statut même dans les nouvelles filiales. Mais depuis 2020, le groupe ne recrute plus au statut : les nouveaux embauchés sont en CDI. Aujourd’hui, 68 % des effectifs ont le statut historique, 32 % sont en CDI. D’ici la fin de la décennie, la proportion devrait s’équilibrer à 50‑50. Un changement de fond qui explique en partie les crispations sociales actuelles.
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