Économie
La liaison ferroviaire Pékin-Pyongyang rétablie après six ans d’interruption


Pour la première fois depuis la fermeture des frontières nord-coréaines en 2020, un convoi de voyageurs a relié la Chine à la capitale de la République populaire démocratique de Corée, marquant une étape significative dans la reprise des échanges.
Un train en provenance de la ville frontalière chinoise de Dandong est entré en gare de Pyongyang ce jeudi après-midi. Cette arrivée met fin à une suspension de près de six ans du service ferroviaire international de passagers, interrompu au plus fort de la pandémie de Covid-19. L’agence Chine nouvelle a confirmé l’événement, précisant que le convoi, composé de cinq voitures, avait effectué le trajet dans la journée.
Plus tôt dans la matinée, des observateurs avaient signalé le passage d’un train sur le pont de l’Amitié sino-coréenne, qui enjambe le fleuve Yalu et constitue la principale artère terrestre entre les deux nations. Parallèlement, un autre service, le K27, a quitté la gare de Pékin en direction de la capitale nord-coréenne en fin d’après-midi. Sur place, des voyageurs se sont pressés pour immortaliser l’affichage indiquant cette destination, témoignant d’un certain engouement.
La reprise de ces liaisons, opérée sous visa et réservée dans l’immédiat à des motifs professionnels, académiques ou familiaux, ne concerne pas le tourisme de masse. Elle permet principalement aux ressortissants chinois employés ou étudiants en Corée du Nord, ainsi qu’aux Nord-Coréens résidant en Chine, de retrouver un moyen de transport terrestre direct. Les liaisons aériennes et le fret ferroviaire avaient, quant à eux, déjà été rétablis antérieurement.
Cette décision est perçue comme un signal tangible de normalisation et de renforcement des relations bilatérales. Pékin reste en effet le principal soutien économique et diplomatique de Pyongyang, malgré les tensions régionales persistantes liées aux programmes d’armement nord-coréens. Un responsable des chemins de fer chinois a salué cette réouverture, la qualifiant de « trait d’union précieux » entre les deux pays.
La fréquence des services a été établie à quatre allers-retours hebdomadaires entre Pékin et Pyongyang, et à un service quotidien au départ de Dandong. Les formalités frontalières seront effectuées dans les gares respectives de Dandong, côté chinois, et de Sinuiju, côté nord-coréen. Pour les spécialistes du secteur, cette reprise progressive des transports constitue une condition préalable nécessaire à un éventuel retour des visiteurs internationaux, lequel reste pour l’heure très limité, à l’exception notable de groupes de touristes russes autorisés depuis l’an dernier.





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