Politique
La justice ordonne un plan d’urgence pour sauver les dauphins du golfe de Gascogne
Le tribunal administratif de Paris donne un an à l’État pour élaborer un plan national contre les captures accidentelles de cétacés. Sous peine…


Le tribunal administratif de Paris donne un an à l’État pour élaborer un plan national contre les captures accidentelles de cétacés. Sous peine d’astreintes financières, la France doit protéger dauphins, marsouins et grands dauphins de la pêche.
Le coup de tonnerre judiciaire est tombé vendredi. Saisi par France Nature Environnement, Défense des milieux aquatiques et Sea Shepherd France, le tribunal administratif de Paris a reconnu une « carence » de l’État dans la protection des cétacés du golfe de Gascogne. Il lui impose de présenter d’ici un an un « plan national d’actions » pour améliorer l’état de conservation des dauphins communs, des marsouins communs et des grands dauphins. L’objectif est clair réduire durablement les prises accidentelles par les filets de pêche. Pour forcer le gouvernement à agir, la justice a fixé une astreinte de 15 000 euros par année de retard sur ce plan. Elle réclame aussi des mesures concrètes dès l’hiver 2026-2027, avec une pénalité de 500 euros par jour de dépassement.
Les chiffres donnent la mesure du désastre écologique. Entre 2017 et 2023, ce sont en moyenne 4 700 dauphins communs qui s’échouaient chaque hiver sur les côtes, victimes des engins de pêche. Mais une lueur d’espoir est apparue cet hiver. Grâce à la fermeture du golfe pendant quatre semaines, les captures accidentelles ont chuté de 60% selon l’observatoire Pelagis. Seulement 1 900 dauphins ont été retrouvés morts. Un progrès notable, même si l’organisme scientifique international CIEM estime que le seuil soutenable pour l’espèce dans l’Atlantique Nord-Est plafonne à 4 900 morts par an. Autrement dit, il reste du chemin à parcourir.
La ministre chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a déjà reconduit cette interdiction hivernale pour 2027. Les pêcheurs pourront choisir leurs quatre semaines d’inactivité dans une fenêtre élargie de six semaines, entre le 15 janvier et le 27 février. Un assouplissement qui a du mal à passer du côté des associations, mais qui permet de maintenir un dialogue avec la profession. Julien Lamothe, directeur de l’organisation de pêcheurs FROM Sud-Ouest, promet de travailler avec le ministère à un « plan cohérent » d’ici un an. Il attend le bilan consolidé de l’Ifremer et de Pelagis à l’automne pour évaluer l’impact réel de la fermeture sur les dauphins et sur l’économie des pêcheurs. L’objectif affiché est de trouver des solutions pour que l’activité humaine et la vie marine puissent coexister. La pression judiciaire devrait accélérer le mouvement.
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