Politique
Le gaz vert made in France accélère pour doubler la production d’ici six ans
La France veut tripler sa production de biométhane d’ici 2030 pour renforcer son indépendance énergétique. Un nouveau décret prolonge le soutien aux…


La France veut tripler sa production de biométhane d’ici 2030 pour renforcer son indépendance énergétique. Un nouveau décret prolonge le soutien aux producteurs et rassure les investisseurs.
Le gouvernement met les bouchées doubles sur le gaz renouvelable. Jeudi, la ministre déléguée à l’Énergie a dévoilé un projet de décret qui prolonge au-delà de 2028 le dispositif des certificats de production de biogaz, les fameux CPB. Ces certificats obligent depuis le 1er janvier les fournisseurs de gaz à intégrer une part de biométhane dans leurs offres. Pour 2028, le taux est fixé à 4%. Mais sans visibilité après cette date, les investisseurs freinaient leurs projets. La filière réclamait depuis plus d’un an des perspectives claires. Le nouveau texte donne un horizon jusqu’en 2041 avec un taux d’incorporation constant après 2032, avant une possible hausse. L’objectif est clair : passer de 16 TWh de capacité annuelle aujourd’hui à 44 TWh en 2030, soit tripler la production.
Le biométhane n’est pas du gaz comme les autres. Il ne sort pas du sous-sol mais de la fermentation de matières organiques dans des méthaniseurs. Les agriculteurs y voient un double intérêt. D’un côté, ils valorisent leurs déchets d’élevage et leurs résidus de culture. De l’autre, ils récupèrent le digestat, un engrais naturel qui réduit leur facture. Cela crée un revenu complémentaire pour les exploitations rurales. Pour le gouvernement, c’est une arme stratégique. La France importe la majeure partie de son gaz. Produire du biométhane sur le territoire, c’est moins de dépendance vis-à-vis de l’étranger. Comme l’a résumé un dirigeant d’Engie, cette filière offre une triple souveraineté énergétique, agricole et industrielle. Et contrairement aux prix volatils du gaz fossile, le biométhane garantit un coût stable sur le long terme.
La France est déjà en tête de la production de biométhane en Europe. En 2025, elle a dépassé tous ses voisins avec l’équivalent de la consommation annuelle d’un million de foyers. Le pays compte aujourd’hui 830 sites d’injection dans les réseaux. Et ce n’est qu’un début. Près de 900 projets supplémentaires sont dans les cartons, représentant un potentiel de 19 TWh par an, soit plus que la production actuelle. Pour atteindre l’objectif de 44 TWh en 2030, le gouvernement mise sur les CPB comme levier principal tout en simplifiant le soutien aux petites installations. Les énergéticiens, les gestionnaires de réseaux et les fabricants de méthaniseurs ont désormais une feuille de route claire. Reste à transformer ces promesses en gaz vert dans les territoires.
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