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La France intercepte un pétrolier fantôme russe en pleine mer

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Pour la quatrième fois en un an, la marine nationale a arraisonné un navire suspecté de transporter du pétrole russe sous un faux pavillon. Le Kremlin a immédiatement dénoncé une opération qualifiée de « piraterie ».

Dimanche dernier, à plus de 740 kilomètres à l’ouest de la Bretagne, un pétrolier nommé Tagor a été pris en chasse par les forces françaises. À son bord, 23 membres d’équipage. Le navire venait du port russe de Mourmansk et se dirigeait vers Limbé, une ville côtière du Cameroun. Officiellement, il battait pavillon camerounais. Mais la marine a estimé qu’il s’agissait d’une fausse identité, un stratagème courant pour contourner les sanctions internationales. La convention de Montego Bay autorise ce type de contrôle en haute mer. Le capitaine, de nationalité russe, a refusé d’obtempérer à plusieurs reprises. Il a fallu monter à bord de force.

L’enquête pénale est déjà ouverte. Le parquet de Brest a annoncé que le Tagor est poursuivi pour défaut de pavillon et refus d’obtempérer. Le navire est escorté vers la baie de Douarnenez, où il sera mis à disposition de la justice. Un précédent similaire avait eu lieu en septembre 2025 avec le Boracay, arraisonné au large d’Ouessant. Son commandant chinois avait été condamné par contumace à un an de prison et 150 000 euros d’amende. La France vient d’ailleurs d’annoncer son intention de doubler les peines pour ce genre d’infractions. Le message est clair les bateaux fantômes ne passeront plus entre les mailles du filet.

Cette affaire dépasse le simple contrôle maritime. Le Tagor est un maillon de la « flotte fantôme » utilisée par la Russie pour vendre son pétrole malgré les sanctions occidentales. Le navire aurait changé plusieurs fois de pavillon, arborant tour à tour ceux de Madagascar, des îles Marshall ou du Panama. Il serait aussi lié à Mohammad Hossein Shamkhani, un magnat iranien du pétrole, lui-même fils d’un proche conseiller de l’ancien guide suprême iranien. Les deux hommes ont été tués en février lors de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran. Le président français a réaffirmé sa détermination à lutter contre ces trafics qui financent la guerre en Ukraine. Le Royaume-Uni a également participé à la surveillance de l’opération. Le Tagor naviguait pratiquement vide au moment de son interception. Son système d’identification était éteint depuis une semaine, signe d’une volonté de se cacher.

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