Économie
La fast fashion étrangle le recyclage textile et fait 60 emplois d’insertion voler en éclats
Le Relais, poids lourd de la collecte de vêtements usagés et membre d Emmaüs, annonce une coupe drastique dans ses activités. Quinze mille tonnes de…

Le Relais, poids lourd de la collecte de vêtements usagés et membre d Emmaüs, annonce une coupe drastique dans ses activités. Quinze mille tonnes de textile ne seront plus ramassées, et des postes d insertion sautent, victimes d un système qui tourne à perte.
L association Le Relais, connue pour ses conteneurs verts dans les villes de France, vient de prendre une décision douloureuse. Elle va réduire ses collectes de 15 000 tonnes et supprimer une soixantaine d emplois d insertion. En cause, une situation économique devenue intenable. Les conteneurs vont disparaître de certains points de collecte, et l équilibre financier de la filière est en train de se briser.
Le problème, c est la fast fashion. Ce modèle qui inonde le marché de vêtements toujours moins chers et toujours moins solides. Résultat, les textiles collectés par les associations sont de moins en moins réutilisables. Ils se déchirent, se décolorent, et finissent souvent à la poubelle plutôt que dans une boutique solidaire. Le tri devient plus long, plus coûteux, et le réemploi recule. Aujourd hui, certaines collectes coûtent 250 euros par tonne, alors qu elles ne rapportent que 150 euros. La différence creuse les comptes, et l association ne peut plus suivre.
Mais ce n est pas tout. Les coûts logistiques et énergétiques flambent, sous l effet des tensions géopolitiques. Le Relais approvisionnait des centres de tri en Europe, mais les frais de transport et de commercialisation dépassent désormais les recettes. Le modèle s effondre. Le secteur cherche une bouée de sauvetage, avec un nouveau cahier des charges prévu pour 2027. En attendant, près de 900 000 tonnes de vêtements et chaussures ont été mises sur le marché en France rien qu en 2024. Un chiffre colossal qui pèse sur les poubelles et sur les associations. Pourtant, le ministre de la Transition écologique voit dans la mode circulaire un potentiel de 30 milliards d euros d ici 2030. Un espoir, mais pour l instant, ce sont les emplois d insertion et les collectes qui trinquent.
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