Économie
La corruption gagne du terrain dans les démocraties établies
L’indice annuel de Transparency International révèle une détérioration globale, avec des reculs notables aux États-Unis, en France et au Royaume-Uni, tandis que l’Union européenne est critiquée pour son inertie.
L’organisation Transparency International a publié ce mardi son classement mondial sur la perception de la corruption, dressant un constat préoccupant. La note moyenne à l’échelle planétaire atteint son niveau le plus bas depuis plus d’une décennie, s’établissant à 42 sur 100. Une large majorité de pays, soit 122 sur les 180 évalués, obtiennent un score inférieur à 50, signe d’une incapacité généralisée à endiguer le phénomène.
Les démocraties traditionnelles ne sont pas épargnées par cette tendance négative. Les États-Unis enregistrent ainsi leur résultat le plus faible jamais mesuré, perdant un point pour atteindre 64. Le rapport pointe une dégradation du climat politique sur plus de dix ans, marquée par des pressions sur les contre-pouvoirs et l’indépendance de la justice. L’actuelle administration est également mise en cause pour avoir relâché l’application de certaines lois anticorruption et réduit son aide internationale dans ce domaine.
En Europe, le Royaume-Uni et la France, bien que demeurant dans le haut du classement, voient leurs performances reculer. L’étude souligne une augmentation des risques, attribuée à un affaiblissement des contrôles indépendants et à des législations insuffisamment dissuasives. Au sein de l’Union européenne, la Hongrie et la Bulgarie ferment la marche avec un score de 40. Le gouvernement hongrois est explicitement accusé d’avoir systématiquement affaibli l’État de droit et détourné des fonds publics, y compris européens, avec impunité. L’Union est elle-même critiquée pour son manque de réaction face à ces dérives dans certains États membres.
Le classement n’est pas exempt de lueurs d’espoir. Le Danemark conserve sa première place mondiale avec 89 points. L’Ukraine, malgré un score encore modeste de 36, est citée parmi les améliorations les plus significatives. L’ONG y salue l’efficacité des nouvelles institutions anticorruption et la vigilance de la société civile, qui ont permis de révéler plusieurs scandales et de préserver l’indépendance des organes de contrôle. Le rapport mentionne également la condamnation de l’ancien président français Nicolas Sarkozy comme un exemple rare de reddition des comptes au plus haut niveau en Europe.
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