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La canicule fait fondre les records et contraint le gouvernement à un plan d’urgence sanitaire
Avec plus de 40°C dans l’ouest et une nuit historique, le Premier ministre Sébastien Lecornu déclenche le niveau 2 du plan Orsan pour protéger les…


Avec plus de 40°C dans l’ouest et une nuit historique, le Premier ministre Sébastien Lecornu déclenche le niveau 2 du plan Orsan pour protéger les hôpitaux. Près de 44 millions de Français en vigilance rouge, une situation inédite.
La France étouffe sous une chaleur qui ne faiblit pas. Mardi, le thermomètre a affiché 40,2°C à Rennes, 40,3°C à Caen et même 42,5°C à Angoulême. Des niveaux jamais atteints pour un mois de juin. La nuit de lundi à mardi a été la plus chaude jamais enregistrée dans le pays depuis 1947. Face à cette vague extrême, Sébastien Lecornu a activé le plan Orsan, un dispositif qui permet de renforcer les effectifs hospitaliers, d’améliorer la coordination entre médecins de ville, cliniques et Ehpad, et d’anticiper l’afflux de patients dans les jours à venir. Car les conséquences sur la santé ne se voient pas tout de suite. Le cabinet de la ministre de la Santé prévient que les premiers cas graves pourraient arriver cinq à dix jours après le début de l’épisode, quand les organismes les plus fragiles lâchent.
Déjà, le bilan est lourd. Depuis le 18 juin, 40 décès ont été recensés, selon le Premier ministre. Il précise qu’il s’agit « essentiellement de jeunes ». Une donnée qui rappelle que la canicule ne touche pas que les seniors. Les écoles s’adaptent tant bien que mal 1 800 établissements ont fermé leurs portes, 8 000 autres ont modifié leurs horaires. Une enseignante bordelaise, Natacha, confie son ras-le-bol dans une cité HLM où la chaleur rend les classes irrespirables. Elle réclame un calendrier scolaire à l’espagnole avec une grande coupure l’été et des vacances recentrées.
Les infrastructures elles-mêmes plient sous la chaleur. À Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, la centrale nucléaire a dû être mise à l’arrêt lundi soir, car l’eau de la Garonne, utilisée pour le refroidissement, risquait de dépasser la limite des 28°C. À Paris, la tour Eiffel et le musée du Louvre ont avancé leur fermeture pour protéger le public et le personnel. Même le Mont Saint-Michel reste ouvert mais conseille aux visiteurs de reporter leur venue. Les secours aériens sont aussi perturbés les hélicoptères sanitaires ne peuvent pas voler quand il fait plus de 40°C, comme à Rennes lundi après-midi, à cause d’une portance insuffisante. Les pompiers, eux, surveillent les risques d’incendie, surtout dans les Bouches-du-Rhône où le danger est élevé.
Cette canicule est qualifiée d’exceptionnelle par les experts, comparable à celle d’août 2003 qui avait causé près de 15 000 décès. En 2025, la chaleur a déjà tué environ 5 700 personnes en France, selon Santé publique France. Et ce n’est pas fini. Avec des niveaux d’ozone élevés sur une grande partie du territoire, la pollution de l’air aggrave encore la situation. Mercredi, 58 départements resteront en vigilance rouge, soit 44 millions d’habitants. Plus de 90% des Français sont exposés à des chaleurs extrêmes. Une étude scientifique récente indique que sans le changement climatique d’origine humaine, les températures actuelles seraient de 2 à 4°C plus fraîches. La réalité, c’est que le pays vit un épisode qui devient la nouvelle norme.





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