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La Banque du Canada garde le cap malgré l’essence qui flambe

Pour la cinquième fois de suite, l’institution monétaire laisse son taux directeur à 2,25%. Elle surveille de près les prix de l’énergie, mais juge que…

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La Banque du Canada garde le cap malgré l'essence qui flambe

Pour la cinquième fois de suite, l’institution monétaire laisse son taux directeur à 2,25%. Elle surveille de près les prix de l’énergie, mais juge que l’inflation reste sous contrôle pour l’instant.

La décision était attendue, mais elle tombe dans un contexte tendu. Mercredi, la Banque du Canada a choisi de ne pas toucher à son principal taux directeur. Un statu quo qui s’explique par une équation délicate. D’un côté, la guerre au Moyen-Orient fait exploser le prix de l’essence. De l’autre, l’inflation globale reste modérée, à 2,8% sur un an en avril. Le gouverneur Tiff Macklem l’a répété, la hausse des prix de l’énergie ne se répercute pas encore sur l’ensemble des biens de consommation. Mais la banque centrale prévient qu’elle n’hésitera pas à remonter ses taux si la situation venait à déraper.

Les économistes ne sont pas tous d’accord sur la suite. Une enquête Reuters montre que la majorité d’entre eux s’attend à un maintien du taux toute l’année. Pourtant, les marchés monétaires, eux, parient sur une hausse de 0,25 point en décembre. Le dilemme est réel. Trop augmenter les taux risquerait de freiner l’économie. Trop les baisser pourrait ancrer une inflation élevée. Pour l’instant, la Banque du Canada considère que l’équilibre passe par l’immobilisme. Le gouverneur a notamment souligné que le chômage est au plus bas depuis cinq mois, mais que les indicateurs économiques restent contrastés depuis janvier.

La question de l’énergie est centrale. Le Canada, pays exportateur de pétrole brut, profite de la flambée des cours. Mais les automobilistes, eux, trinquent à la pompe. La banque centrale regarde au-delà de ces soubresauts. Elle ne veut pas que la hausse temporaire des prix du carburant se transforme en inflation chronique. Résultat, le dollar canadien a légèrement grimpé après l’annonce, gagnant 0,3% face au billet vert. Une petite victoire, mais rien n’est joué. Les prochains mois diront si la guerre, l’emploi et les prix permettent enfin de sortir de l’impasse.

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