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Julio Le Parc a voulu que son dernier mot soit un poème
Moins de deux semaines après sa mort, la Tate Modern à Londres lui consacre une rétrospective de 75 œuvres. L’artiste franco-argentin, pionnier de l’art…


Moins de deux semaines après sa mort, la Tate Modern à Londres lui consacre une rétrospective de 75 œuvres. L’artiste franco-argentin, pionnier de l’art optique et cinétique, avait lui-même préparé cet adieu.
Julio Le Parc est mort à 97 ans le 30 mai dernier. Mais avant de partir, il a tenu à laisser une trace. Une exposition préparée avec lui, alors qu’il était encore là, vient d’ouvrir ses portes au public londonien. C’est la Tate Modern qui accueille cette rétrospective, et elle ressemble à un dernier geste. Dans une des salles, un poème écrit par l’artiste il y a quelques années est accroché au mur. Un texte sur la fin de vie, sobre et lumineux. Pour Val Ravaglia, la commissaire de l’exposition, ce poème prend aujourd’hui une tout autre force. « C’est comme un adieu de sa part », confie-t-elle.
L’exposition rassemble 75 œuvres, presque toutes venues de l’atelier de Julio Le Parc, à Cachan, dans la banlieue parisienne. Peintures géométriques et colorées, installations lumineuses, jeux de miroirs et de mouvement. Tout le vocabulaire de l’art optique est là. Le Parc était un infatigable créateur. Même affaibli par l’âge, il a suivi le montage de l’exposition jusqu’au bout, envoyant sans cesse des suggestions sur la scénographie. Il voulait que chaque pièce dialogue avec le visiteur. Car pour lui, l’art n’était pas fait pour être regardé de loin. Il devait être vécu, touché, expérimenté.
Né à Mendoza en Argentine en 1928, Julio Le Parc a passé l’essentiel de sa vie en France. Il y a fondé en 1960 le Groupe de Recherche d’Art Visuel avec d’autres jeunes artistes. Leur credo rendre l’art accessible à tous, casser les barrières entre l’œuvre et le public. En 1966, il décroche le Grand Prix de peinture à la Biennale de Venise. Mais son engagement ne s’arrête pas aux galeries. En mai 68, il participe aux manifestations et se fait expulser de France. Aujourd’hui, alors que l’art immersif est partout, Val Ravaglia regrette que Le Parc ne soit pas plus connu. « Il a en quelque sorte défini les règles de conception d’un art qui entretient un lien direct avec le spectateur », souligne-t-elle. À Londres, ses œuvres continuent de danser avec la lumière et rappellent que parfois, l’art le plus simple est celui qui touche le plus.





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