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Ils ont volé Pouchkine à la BNF mais jurent avoir agi seuls

Six Géorgiens comparaissent à Paris pour le vol d’ouvrages rares d’Alexandre Pouchkine. Leur défense tient en un mot « coïncidence » mais le parquet les…

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Ils ont volé Pouchkine à la BNF mais jurent avoir agi seuls

Six Géorgiens comparaissent à Paris pour le vol d’ouvrages rares d’Alexandre Pouchkine. Leur défense tient en un mot « coïncidence » mais le parquet les décrit comme un réseau criminel bien rodé.

L’un d’eux reconnaît les faits sans détour. Mikheïl Z., 50 ans, avoue avoir dérobé neuf éditions de Pouchkine et d’autres auteurs russes à la Bibliothèque nationale de France en 2023. Sa méthode était simple. Il se rendait à la BNF une quarantaine de fois, consultait les livres, puis les remplaçait par des copies parfaitement imitées. Mais il insiste sur un point. Il a agi seul, sans aucun complice. « Je savais comment fabriquer ces livres, je savais où les vendre. Pourquoi aurais-je eu besoin d’une autre personne ? » a-t-il lancé mardi à la barre. Pourtant, cet homme a déjà été condamné en Lituanie pour des vols similaires en bande organisée. Les enquêteurs estiment que tous les prévenus ont œuvré de concert, dans plusieurs pays européens, entre 2022 et 2023, juste après le début de la guerre en Ukraine.

À quelques mètres de lui, Beqa T. se présente comme un simple « chercheur » passionné. Il a lui aussi été arrêté, en Lettonie, et condamné à trois ans et demi de prison pour des vols de livres dans des bibliothèques baltes. Lors de son interpellation, les policiers ont trouvé de fausses pièces d’identité, du matériel de restauration et des copies d’ouvrages anciens de la BNF, dont une du célèbre roman en vers « Eugène Onéguine ». Selon l’accusation, Beqa T. aurait fait des repérages pour Mikheïl Z. pendant l’été 2022, en consultant neuf ouvrages qui ont ensuite été dérobés. Mais lui nie tout lien. « Je visite les bibliothèques de tous les pays où je vais. Je ne sais pas pourquoi cette coïncidence existe », assure-t-il, expliquant qu’il ne faisait que des photocopies pour pouvoir lire tranquillement chez lui en Géorgie.

L’avocate de la BNF n’est pas convaincue. « À quoi cela servait-il de copier Eugène Onéguine alors que le texte est accessible partout ? » demande-t-elle. Beqa T. répond qu’il voulait une version sans les modifications apportées au fil des siècles, une explication qui laisse le tribunal sceptique. Autre détail troublant, son propre fils est impliqué dans l’affaire. Mate T. est soupçonné d’avoir volé dix livres de Pouchkine à la bibliothèque de l’École normale supérieure et d’avoir tenté de faire de même dans une autre bibliothèque parisienne. Arrêté en Géorgie dans le cadre d’une opération Europol, il purge actuellement cinq ans de prison. Mais son père assure qu’il n’était pas au courant. « Il a fait ça sans mon soutien », jure Beqa T. Quand la présidente du tribunal lui demande pourquoi sa belle-fille l’a mis en cause dans ses déclarations aux enquêteurs, il balaie l’argument d’un revers de main. C’est un « faux témoignage », dit-il, obtenu sous pression psychologique.

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