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Ils ont mis les politiques face à leurs fermes réalités

Pendant un congrès des Jeunes Agriculteurs, cinq candidats à la présidentielle se sont prêtés à un exercice inédit. Debout sur scène, ce sont les…

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Ils ont mis les politiques face à leurs fermes réalités

Pendant un congrès des Jeunes Agriculteurs, cinq candidats à la présidentielle se sont prêtés à un exercice inédit. Debout sur scène, ce sont les agriculteurs qui posaient les questions et les politiques qui devaient répondre.

Le décor était simple mais parlant. Une plateforme dressée au milieu des adhérents, et sur scène, des jeunes agriculteurs. Pas pour écouter sagement un discours. Pour interroger. Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Marine Tondelier, Jean-Philippe Tanguy et Aurélie Trouvé ont chacun eu 25 minutes pour convaincre une salle qui n’a pas hésité à siffler ou applaudir selon les mots. Un format théâtral qui a mis en lumière une vérité partagée par tous l’agriculture française souffre. Entre concurrence étrangère et revenus trop bas, le constat est le même. Mais les solutions, elles, divergent sérieusement.

Bruno Retailleau a ouvert le feu en attaquant la « montée en gamme exclusive ». Son programme supprimer le principe de précaution et des agences comme l’Office français de la biodiversité. Il a aussi plaidé pour le retour d’un pesticide néonicotinoïde interdit en France mais autorisé en Europe, l’acétamipride. Un discours applaudi. Marine Tondelier, elle, a été plus chahutée. L’écologiste a dû se défendre contre les accusations de « culpabilisation » des agriculteurs. Elle a assuré ne pas vouloir « moins d’élevage » ni être « contre le stockage de l’eau par principe ». Son appel au dialogue a déclenché des sifflets puis des applaudissements timides. La salle était partagée.

Jean-Philippe Tanguy a réveillé l’assemblée sur un sujet sensible les dangers de l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne. Certains ont applaudi, d’autres ont soupiré en rappelant que cela forcerait Kiev à respecter les mêmes normes. Sa phrase sur les agricultrices qui n’ont « pas besoin d’un État nounou » a fait grincer des dents. Une jeune femme lui a rappelé que c’était l’État qui leur avait donné un statut. Aurélie Trouvé a aussi essuyé des sifflets en évoquant « les fermes-usines » aux capitaux extérieurs. Elle a admis que certaines retenues d’eau étaient justifiées, mais s’est opposée à plus d’irrigation. « On ne peut pas dire +débrouillez-vous+ », a-t-elle lancé en réclamant un accompagnement financier. Gabriel Attal, lui, a promis un programme agricole pour l’automne, rédigé avec un ancien des Jeunes Agriculteurs. Il a soutenu le retour de l’acétamipride et la simplification des bâtiments d’élevage. Ses propositions ont été applaudies.

En clôture, le nouveau président du syndicat, Jocelyn Dubost, a mis les points sur les i. « Les discours c’est une chose, mais le réseau attend des actes. » Il a réclamé que l’État prenne la « tutelle » des agences de l’eau et que les contrats d’avenir pour les jeunes soient financés par une contribution sur la restauration hors domicile. La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, présente, a promis d’accompagner les porteurs de projets. Reste à savoir si les paroles se transformeront en lois concrètes.

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