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« Il voulait juste travailler, sa patronne a voulu le faire assassiner »
Hassan Touzani, ancien syndicaliste et Gilet jaune, a témoigné vendredi soir au procès Athanor. Il raconte comment son ex-cheffe d’usine a commandité son…


Hassan Touzani, ancien syndicaliste et Gilet jaune, a témoigné vendredi soir au procès Athanor. Il raconte comment son ex-cheffe d’usine a commandité son meurtre via une officine liée à une loge maçonnique.
Pendant trois heures, un homme de 57 ans, tassé sur son banc dans le box des parties civiles, a déroulé son histoire. Celle d’un ouvrier qui ne comprenait pas pourquoi on en voulait à sa vie. Arrivé dans l’usine de plasturgie en 2016, Hassan Touzani s’était fait remarquer par son engagement syndical. Il enchaînait les nuits sur les ronds-points en gilet jaune. Sa patronne, Muriel Brun, voyait en lui une menace pour son entreprise en pleine expansion. Assez pour vouloir s’en débarrasser.
Le projet s’appelait Athanor. Un nom opaque pour un plan d’une violence froide. Les exécutants cherchaient « l’endroit propice pour l’accident », raconte Hassan Touzani. Ils voulaient le jeter dans l’eau, tout était prévu, jusqu’au lieu où balancer son corps. L’ancien rasta, aujourd’hui en tongs et T-shirt orange vif, se souvient du choc quand un inspecteur de la brigade criminelle a frappé à sa porte. On lui a montré des photos de lui, prises à l’usine, dans les lieux qu’il fréquentait. Il est tombé en arrière. « J’aurais été un trafiquant de drogue, j’aurais compris, mais un simple ouvrier… » Deux extrêmes le tiraillent encore. L’envie de pardonner et, en même temps, l’impossibilité d’y croire. « C’était une super personne », répète-t-il en regardant son ancienne cheffe, assise à quelques mètres.
Depuis, Hassan Touzani n’a plus jamais retravaillé. Un cancer lui a été diagnostiqué. Et il ne dort plus sans une hache à portée de main. Le procès, ouvert depuis le 30 avril, juge vingt-deux accusés pour vingt-six crimes et quatre-vingt-six délits. Parmi eux, Muriel Brun est accusée d’association de malfaiteurs en vue d’un assassinat. Elle doit être interrogée en début de semaine prochaine. Ce vendredi, c’est son ancien employé qui a parlé. Avec des mots simples, sans colère, juste une incompréhension qui ne passe pas.
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