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Huit ans après la mort de son fils dans un ascenseur, une mère brise le silence

Chahra-Zad n’a rien oublié du jour où son petit garçon de 4 ans a perdu la vie dans un ascenseur à Argenteuil. À la veille du procès des mis en cause…

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Huit ans après la mort de son fils dans un ascenseur, une mère brise le silence

Chahra-Zad n’a rien oublié du jour où son petit garçon de 4 ans a perdu la vie dans un ascenseur à Argenteuil. À la veille du procès des mis en cause, elle livre un témoignage poignant sur cette tragédie et les négligences qu’elle dénonce.

Le 16 juin 2018, la vie de Chahra-Zad s’est arrêtée. Dans un centre commercial d’Argenteuil, son fils Ismaïl sortait de la cabine d’ascenseur quand celle-ci s’est soudainement décrochée. La chute de près de deux mètres a piégé l’enfant entre la cabine et le palier. « J’ai levé la tête et j’ai vu les jambes suspendues de mon fils », raconte-t-elle encore la voix tremblante. Ce jour-là, rien ne laissait présager un tel drame. Pourtant, une réparation mal réalisée trois ans plus tôt avait fragilisé l’appareil. Un taquet anti-dérive, un dispositif censé empêcher ce type d’accident, était tout simplement absent.

Huit ans après, la douleur reste intacte. Mais ce mercredi, un nouveau chapitre s’ouvre au tribunal de Pontoise. Deux sociétés et un technicien sont jugés pour leur rôle dans ce drame. Chahra-Zad appréhende ce moment. « On ne sait pas comment les parties mises en cause vont réagir », confie-t-elle. Pourtant, elle espère que la justice reconnaîtra les négligences révélées par l’expertise. Car ce n’est pas un simple accident. C’est un défaut d’entretien, une réparation bâclée, un manque de sécurité qui a coûté la vie à un enfant.

Face à ce vide juridique, une loi a été proposée à l’Assemblée nationale. Inspirée de la loi Badinter sur les accidents de la route, elle vise à rendre le propriétaire de l’ascenseur automatiquement responsable en cas d’accident. L’idée est simple : protéger les victimes et leurs familles, sans avoir à prouver une faute. Le député d’Argenteuil a porté ce texte avec la mère d’Ismaïl en septembre 2024. Un combat législatif pour que plus jamais un enfant ne meure dans un ascenseur. Pour que la mémoire d’Ismaïl serve à changer les choses.

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