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En Crimée, le bruit des explosions est devenu la bande-son de l’été

À Sébastopol, Yalta ou sur la route de Kertch, les habitants de la péninsule annexée vivent au rythme des frappes ukrainiennes. Pannes électriques…

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En Crimée, le bruit des explosions est devenu la bande-son de l’été

À Sébastopol, Yalta ou sur la route de Kertch, les habitants de la péninsule annexée vivent au rythme des frappes ukrainiennes. Pannes électriques, pénurie d’essence, stations-service vides… Le quotidien se dégrade, mais beaucoup disent s’être habitués.

Sur la promenade maritime de Sébastopol, Guéorgui sirote son café sans sourciller quand un « boum » déchire le ciel. « On est habitué, rien ne nous fait peur », lance ce trentenaire à la barbe de hipster. Autour de lui, des mamies barbotent, des gamins s’éclaboussent, des ados enchaînent des figures au skatepark. Ici, les alertes aériennes tombent plusieurs fois par semaine depuis la mi-juin. L’Ukraine vise les dépôts d’hydrocarbures et les centrales électriques de la Crimée, annexée il y a plus de dix ans. Résultat : les coupures de courant et les files d’attente devant les pompes sont devenues monnaie courante pour les 2,4 millions d’habitants et les touristes. Des civils sont aussi régulièrement tués ou blessés. Mercredi encore, le gouverneur local a annoncé la mort de deux personnes lors d’une « attaque nocturne ennemie ».

À Yalta, la torpeur estivale est rythmée par le vrombissement des générateurs. Oksana tient une épicerie et n’a pas le choix : sans cet engin, ses glaces fondent. « Cette saison est catastrophique », lâche-t-elle. Sur les routes, les conducteurs croisent des stations-service fermées ou réservées aux transports prioritaires. Quand il y a de l’essence, le litre grimpe à 250 roubles, soit presque trois fois le prix d’avant. Les camions-citernes empruntent une route surnommée « la route de la mort », tant les bombardements ukrainiens les visent. Le pont de Kertch, symbole de l’annexion, reste interdit aux poids lourds depuis une attaque. Kiev veut « forcer la Russie à mettre fin à la guerre » et voit en la Crimée le « joyau de la couronne » du territoire pris en 2014.

Pour certains jeunes, l’avenir s’écrit ailleurs. Ekaterina, 18 ans, étudiante à Moscou, revient chaque été en Crimée. Mais son diplôme de styliste en poche, elle envisage de partir : « D’abord en Asie, mais c’est compliqué pour un permis de séjour. Peut-être les Pays-Bas ou un autre pays européen. Il y a plus de possibilités là-bas. » Elle n’est pas la seule à rêver d’un horizon sans sirènes.

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