Europe
La trentenaire qui fait trembler Moscou avec ses drones
Elle a 34 ans, un look décontracté et une entreprise qui fabrique des drones capables de frapper en plein cœur de la Russie. Portrait d’Iryna Terekh, une…

Elle a 34 ans, un look décontracté et une entreprise qui fabrique des drones capables de frapper en plein cœur de la Russie. Portrait d’Iryna Terekh, une cheffe d’entreprise pas comme les autres.
Iryna Terekh n’a rien d’un général en costume sombre. Longs cheveux attachés, top blanc, veste beige et jean large, elle détonne dans les allées des grands salons de défense. Pourtant, cette architecte de formation dirige Fire Point, l’un des principaux fabricants ukrainiens de drones longue portée. Ses engins ont déjà frappé des raffineries près de Moscou, et elle négocie désormais avec les industriels du monde entier. Lors du dernier salon aéronautique à Farnborough, au Royaume-Uni, elle refuse d’exposer. Sa raison est simple : “La suite ne doit pas être moins bonne.” Elle veut faire mieux à chaque apparition.
Son histoire commence à Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine. Depuis l’orphelinat de Saltivka, quartier aujourd’hui martyrisé par les bombes russes, elle apercevait Belgorod de l’autre côté de la frontière. Après des années dans le bâtiment, elle est contactée en 2022 par un ami, Denys Chtilerman, qui lui propose de cofonder Fire Point. Les premières esquisses du drone FP-1 sont griffonnées sur une serviette de restaurant fin 2022. Le prototype sort d’un garage au printemps 2023, puis sept exemplaires sont fabriqués en trois semaines. “On dormait trois heures, on se relayait”, raconte-t-elle. Aux critiques qui parlent d’“ingénierie de garage”, elle répond en souriant qu’elle en est très fière. L’armée ukrainienne repose largement sur des volontaires, rappelle-t-elle. Les produits doivent être simples, clairs et reproductibles.
Son succès fulgurant ne s’est pas fait sans remous. Fire Point a été accusée de bénéficier d’un traitement de faveur de l’État et ses contrats publics ont été contestés. Iryna Terekh assume : en 2022, 2023 et 2024, Kiev cherchait désespérément des producteurs capables d’armer le pays. Elle affirme accepter les audits, les contrôles et la transparence. Les polémiques ont tout de même ralenti certains projets avec des partenaires étrangers, le temps de mener des vérifications de conformité. Aujourd’hui, la production atteint des milliers de drones par mois, et l’entreprise travaille sur un missile nommé Flamingo. Son ambition est plus vaste encore : contribuer à une coalition antimissile balistique, “quelque chose qui n’existe pas encore dans le monde”. Elle lance une mise en garde : “Nous avons tous vu des systèmes Patriot américains désactivés à distance par une décision politique. Nous ne voulons pas que cela arrive au-dessus de Paris.” Un défi à la hauteur de son audace.
À lire aussi

Faits DiversEn Ligne 5 joursTrente-neuf ans après, les parents d’Inass Touloub face à leurs juges
PolitiqueEn Ligne 6 joursUne primaire au centre et à droite pour éviter Le Pen-Mélenchon, le casse-tête d’Édouard Philippe
SociétéEn Ligne 6 joursBlocus des lycées dès lundi et grèves jeudi, une semaine mouvementée
SociétéEn Ligne 5 joursBlocus, manifs et rentrée agitée dans les lycées et les facs
SociétéEn Ligne 7 joursUne troisième journée contre la vie chère entre défilés massifs et tensions localisées
PolitiqueEn Ligne 7 joursUn gendarme touché par un cocktail molotov à Paris, des responsables politiques réclament des comptes
ÉconomieEn Ligne 6 joursNvidia, le banquier devenu moteur de l’intelligence artificielle
PolitiqueEn Ligne 5 joursÉdouard Philippe assume ses mots sur l’immigration et la gauche l’accuse de parler comme l’extrême droite
















