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Google écope d’une amende record de 890 millions d’euros pour pratiques anticoncurrentielles

Cette sanction, la plus lourde jamais infligée sous le règlement numérique européen, cible deux pratiques bien distinctes du géant américain. Entre…

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Google écope d'une amende record de 890 millions d'euros pour pratiques anticoncurrentielles

Cette sanction, la plus lourde jamais infligée sous le règlement numérique européen, cible deux pratiques bien distinctes du géant américain. Entre favoritisme dans la recherche en ligne et verrouillage du Play Store, Bruxelles envoie un signal fort.

L’addition est salée. L’Union européenne vient de frapper Google d’une amende totale de 890 millions d’euros. C’est la plus forte pénalité jamais prononcée en vertu du règlement sur les marchés numériques, le fameux DMA. Cette loi européenne a été conçue pour mettre un terme aux abus de position dominante des géants de la tech. Dans le détail, une première amende de 460 millions d’euros sanctionne le fait que Google a favorisé ses propres services, comme les comparateurs de prix, de vols ou d’hôtels, dans les résultats de son moteur de recherche Search. Une seconde amende de 430 millions d’euros vise une pratique appelée « anti-steering ». En clair, Google empêchait les développeurs d’applications présents sur le Play Store d’orienter leurs clients vers d’autres plateformes de vente. Une pratique strictement interdite par le DMA.

Google ne décolère pas. Pour le géant américain, cette décision va dégrader des services que les Européens utilisent au quotidien. Son président des affaires mondiales, Kent Walker, explique que pour se conformer à la décision, l’entreprise va devoir supprimer des fonctionnalités de recherche en temps réel comme l’affichage des prix instantanés ou la disponibilité des hôtels et des restaurants. Il évoque aussi le démantèlement de protections de sécurité sur le Play Store. Mais au-delà de la polémique technique, cette amende risque d’enflammer les relations déjà tendues entre Bruxelles et Washington. Vingt-cinq parlementaires républicains ont déjà écrit au président Trump pour réclamer des représailles contre l’Europe, qu’ils accusent de cibler les champions américains. De son côté, l’eurodéputé allemand Bernd Lange met en garde contre toute tentative de représailles. La responsable de la Concurrence à la Commission, Teresa Ribera, insiste sur le devoir d’appliquer des lois adoptées démocratiquement.

Les associations de consommateurs et les ONG saluent cette sanction, tout en regrettant qu’elle ne soit pas encore plus sévère. L’organisation BEUC estime qu’il était grand temps que la Commission agisse, Google ayant selon elle limité les choix des consommateurs et réduit la concurrence. Max von Thun, directeur de l’Open Markets Institute, qualifie cette amende d’argent de poche pour Google et réclame une application beaucoup plus stricte du DMA. Cette décision n’est en effet qu’un épisode de plus dans le bras de fer entre l’Europe et le géant américain. La semaine dernière, Bruxelles a imposé à Google d’ouvrir son système Android à des IA concurrentes de son assistant Gemini. Et en septembre, une amende de 2,95 milliards d’euros a déjà été infligée pour abus de position dominante dans la publicité en ligne. Google a soixante jours pour se plier à cette nouvelle décision, sous peine de nouvelles pénalités.

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