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Ebola sans vaccin la nouvelle course contre la montre en Afrique centrale
Mi-mai, une 17e épidémie d’Ebola a été déclarée en RDC. La souche Bundibugyo est en cause et aucun vaccin n’existe.


Mi-mai, une 17e épidémie d’Ebola a été déclarée en RDC. La souche Bundibugyo est en cause et aucun vaccin n’existe.
Le 15 mai, la République démocratique du Congo annonce une nouvelle épidémie dans la province troublée de l’Ituri, à la frontière de l’Ouganda et du Soudan du Sud. La veille, des tests à Kinshasa confirment la présence du virus. L’épicentre est une région marquée par les violences des groupes armés et une forte mobilité liée à l’activité minière. Déjà 246 cas suspects sont signalés, dont 80 décès. Dès le soir-même, l’Ouganda voisin déclare un premier décès sur son territoire, celui d’un Congolais de passage à Kampala. Le pays ferme sa frontière avec la RDC et insiste sur le caractère importé du cas. L’Organisation mondiale de la santé déclare une urgence de santé publique de portée internationale et prévient que l’épidémie durera sans doute des mois. Dix pays africains sont considérés comme menacés par l’Africa CDC.
La particularité de cette épidémie, c’est la souche en cause. Le virus Bundibugyo n’a pas de vaccin ni de traitement spécifique, contrairement au virus Zaïre qui a causé les grandes épidémies passées. Le ministre de la Santé congolais Samuel Roger Kamba prévient que la riposte reposera uniquement sur l’isolement des malades et le traçage des cas contacts. Les autorités suspendent temporairement les vols vers Bunia, la capitale de l’Ituri, même si son aéroport est crucial pour acheminer l’aide. Une semaine après la déclaration, le bilan grimpe à 867 cas suspects et 204 décès probables. À l’international, Washington restreint les visas pour les voyageurs venant des zones à risque et demande à la France, la Belgique et l’Italie d’en faire autant. Ces pays refusent. Le président Félix Tshisekedi appelle au calme et promet une riposte renforcée.
Sur le terrain, la détection a pris du retard. Les premiers symptômes de Bundibugyo ressemblent à un simple paludisme, sans signes hémorragiques immédiats. Les médecins ont été déroutés, explique le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe. Des tests locaux s’étaient révélés négatifs car le laboratoire de Bunia n’avait que des réactifs pour le virus Zaïre. La population se méfie, des rumeurs de maladie mystique circulent. En Ituri, l’État est absent depuis des années et les soignants font face à des incidents, notamment des familles en colère réclamant les dépouilles de proches. L’OMS envoie son directeur Tedros Adhanom Ghebreyesus à Kinshasa puis à Bunia, affirmant que la situation peut être maîtrisée. Mais Médecins sans frontières estime que les bilans officiels ne reflètent qu’une partie de la réalité. Le dernier bilan officiel fait état de 875 cas et 202 morts. L’ampleur réelle de la crise, étendue à trois provinces congolaises et à l’Ouganda, reste inconnue. L’Africa CDC promet un vaccin contre Bundibugyo d’ici la fin de l’année, avec des tests cliniques à l’étude.
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