Planète
Ebola en Ouganda la stratégie qui impressionne l’OMS
Alors que l’épidémie explose en RDC voisine, l’Ouganda limite les dégâts avec 19 cas et un taux de mortalité inférieur à 1%. Le chef de l’OMS salue une…


Alors que l’épidémie explose en RDC voisine, l’Ouganda limite les dégâts avec 19 cas et un taux de mortalité inférieur à 1%. Le chef de l’OMS salue une réponse exemplaire et une décision radicale qui a évité le pire.
L’Ouganda n’a pas attendu d’être submergé pour réagir. Alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17e épidémie d’Ebola avec plus de 500 cas confirmés et 91 morts, le petit pays voisin affiche un bilan très différent. Seulement 19 cas, deux décès, et un taux de létalité sous la barre des 1%. Un chiffre que le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié de « bon » lundi lors d’une visite sur place. Selon lui, c’est l’expérience accumulée dans la gestion des urgences sanitaires qui a fait la différence. L’Ouganda a notamment pris une décision forte annuler les célébrations de la Journée des Martyrs prévues le 3 juin, un rassemblement qui attire habituellement des foules venues de toute la région. « C’était une décision judicieuse, car Ebola se propage rapidement lors de tels rassemblements. Nous comptions 19 cas, mais si la fête avait eu lieu, on serait aujourd’hui à trois chiffres », a expliqué le chef de l’OMS.
Cette maîtrise ne signifie pas que le pays est isolé du danger. Sur les 19 personnes infectées en Ouganda, 14 sont arrivées directement de la RDC et cinq sont des Ougandais. Le gouvernement a misé sur la coopération transfrontalière plutôt que sur les fermetures de frontières. Lors de sa rencontre avec le président Yoweri Museveni, Tedros a insisté sur ce point « Pas besoin de restrictions, elles nuiraient à l’économie. S’attaquer à l’épicentre en RDC est la vraie solution. » Sans surprise, certains pays ont choisi une autre voie. Les Émirats arabes unis ont renforcé leurs mesures de précaution dès le 5 juin, interdisant l’accès aux voyageurs en provenance de RDC, d’Ouganda et du Soudan du Sud, sauf s’ils ont passé plus de 21 jours hors de ces pays. Les visas pour les ressortissants des trois pays sont également suspendus.
Reste que l’épidémie actuelle présente un défi particulier. Elle est causée par la souche Bundibugyo, un variant rare pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement homologué. L’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale, estimant le risque très élevé en RDC, élevé au niveau régional et faible au niveau mondial. Pour contenir la propagation, l’OMS et l’agence sanitaire de l’Union africaine ont lancé un plan d’urgence de 518 millions de dollars sur six mois, visant à renforcer la surveillance, les tests et la prévention des infections. L’épicentre congolais, dans la province de l’Ituri, est particulièrement difficile d’accès à cause des routes dégradées et de l’insécurité causée par des groupes armés. Malgré tout, le chef de l’OMS se montre confiant « Grâce à une collaboration continue, je suis convaincu que cette épidémie pourra être maîtrisée. » Un espoir raisonnable, mais qui dépendra de la capacité des deux pays à travailler main dans la main.
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