Planète
La Polynésie française étend son sanctuaire marin géant pour protéger l’océan
Le président polynésien annonce l’ajout de 500 000 km² de zones où la pêche commerciale sera interdite. L’objectif est clair donner l’exemple aux plus…


Le président polynésien annonce l’ajout de 500 000 km² de zones où la pêche commerciale sera interdite. L’objectif est clair donner l’exemple aux plus grandes nations pour mieux préserver l’océan.
La Polynésie française possède déjà la plus grande aire marine protégée du monde, une zone de 4,8 millions de kilomètres carrés qui couvre toute son étendue maritime. Mais elle va encore plus loin. À partir de ce week-end, 1,6 million de kilomètres carrés bénéficieront du plus haut niveau de protection, contre 1,1 million auparavant. Deux nouvelles aires marines protégées vont voir le jour, l’une au nord-est des Marquises, l’autre au sud des Australes. Dans ces eaux, les activités sont strictement limitées. Seuls le tourisme durable et une pêche traditionnelle très encadrée sont autorisés. Pas question pour les navires commerciaux de venir y puiser des ressources.
Cette mesure, Moetai Brotherson la présente comme un devoir pour son peuple. « C’est notre mission en tant qu’Océanien », explique-t-il, en espérant que d’autres pays suivent cet exemple. La pêche commerciale est donc bannie de ces sanctuaires, ce qui inquiète les armateurs locaux. Mais le président les rassure. Depuis la création des premières zones protégées, les volumes de pêche en Polynésie ont augmenté, tout en restant durables. Il compare l’effort des 86 bateaux polynésiens à celui d’un seul thonnier industriel sur une année. Pour lui, l’équilibre est possible.
Reste un point de friction avec Paris. La Polynésie estime que la France ne met pas assez de moyens pour surveiller ces vastes espaces. Actuellement, un seul patrouilleur multimissions protège la zone, un deuxième devrait arriver. Mais Moetai Brotherson juge cela insuffisant et réclame une participation financière plus forte de l’État. Les ONG ont déjà réuni 15 millions de dollars pour le contrôle, mais le président aimerait que la France s’implique davantage dans la réflexion. Autre sujet de tension la méthode employée par la marine française pour gérer les saisies de drogue. Plusieurs tonnes de stupéfiants ont récemment été jetées à la mer hors de la zone économique exclusive, une pratique que beaucoup de Polynésiens désapprouvent. L’assemblée locale doit voter une loi pour interdire ces immersions. Enfin, les dispositifs de concentration de poissons dérivants, qui attirent les poissons vers les eaux étrangères, restent un point de désaccord avec l’État français. Sur l’exploitation minière sous-marine en revanche, la Polynésie et la France sont alignées elle est totalement interdite, contrairement à certains voisins du Pacifique qui espèrent en tirer des revenus.
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