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Le grand déclin des passereaux et le retour des cigognes 50 ans de hauts et bas pour les oiseaux en France
La LPO dresse un bilan contrasté de 50 ans d’évolution des oiseaux en France. Les hirondelles et mésanges disparaissent tandis que cigognes et rapaces…
La LPO dresse un bilan contrasté de 50 ans d’évolution des oiseaux en France. Les hirondelles et mésanges disparaissent tandis que cigognes et rapaces prospèrent grâce aux efforts de conservation.
C’est une histoire à deux visages que raconte le premier baromètre de l’avifaune publié par la Ligue de protection des oiseaux. En un demi-siècle, la France a perdu quatre espèces nicheuses, mais elle en a gagné 45. Derrière ce solde positif en apparence se cache une réalité plus tranchée. Près de la moitié de ces nouvelles venues sont des espèces introduites par l’homme, comme la Bernache du Canada ou la perruche à collier. Les vraies bonnes nouvelles concernent surtout les grands oiseaux emblématiques. Les cigognes blanches et certains rapaces, autrefois au bord de l’extinction, ont retrouvé des effectifs encourageants grâce à des mesures de protection ciblées.
Mais le véritable indicateur, c’est le nombre d’individus. Et là, le signal est sans équivoque. En 25 ans, les oiseaux communs ont chuté de 18,2%. Les passereaux comme les hirondelles, les mésanges et les alouettes représentent la moitié des 314 espèces nicheuses en France et 90% du nombre total d’individus. Ce sont eux qui subissent la plus lourde perte. Le président de la LPO, Allain Bougrain Dubourg, a été clair sur les causes. Il pointe d’abord l’agriculture intensive et son cortège chimique. Les pesticides tuent les insectes, et sans insectes, les oiseaux ne trouvent plus de quoi se nourrir. À cela s’ajoute la disparition des haies et des mares, qui transforme les paysages en vastes étendues uniformes où la biodiversité s’effondre.
Pendant ce temps, les espèces protégées comme les cigognes ou les rapaces ont réussi à rebondir. Mais ce tableau en demi-teinte est menacé. La LPO s’inquiète des dernières décisions politiques. La loi d’urgence agricole, adoptée par l’Assemblée nationale début juin, prévoit de faciliter la destruction définitive des zones humides et de libéraliser les tirs sur le loup. Pour l’association, c’est un pas en arrière. Sous couvert de simplification, on démantèle peu à peu ce qui a mis cinquante ans à se construire. Un signal dangereux pour l’avenir des oiseaux et de la biodiversité en France.
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