Économie
Deux décès de nourrissons relient les autorités à des laits infantiles rappelés
Les parquets d’Angers et de Bordeaux ont ouvert des investigations suite au décès de deux bébés. Les produits consommés faisaient partie de vastes campagnes de retrait lancées par les fabricants pour risque de contamination.
Deux procédures judiciaires distinctes sont en cours pour tenter d’élucider les circonstances du décès de deux très jeunes enfants. Les enquêtes, confiées aux parquets de Bordeaux et d’Angers, ont été déclenchées après que les familles ont signalé que les nourrissons avaient consommé des préparations lactées faisant l’objet de rappels récents. À ce stade des investigations, aucun lien de causalité direct n’a été formellement établi par les autorités sanitaires entre la consommation de ces produits et les événements survenus.
Le premier cas concerne un enfant né fin décembre et décédé au début du mois de janvier dans un établissement hospitalier de la région bordelaise. Selon les informations du parquet, l’enfant avait été alimenté, dans les jours précédant son hospitalisation, avec un lait de la marque Guigoz. Ce produit était inclus dans un retrait préventif annoncé par le groupe Nestlé en raison d’un risque potentiel de contamination par une bactérie. Les analyses initialement diligentées n’ont pas détecté la présence de cette bactérie, mais des examens complémentaires sont en cours pour rechercher d’éventuelles toxines.
Dans le second dossier, traité à Angers, les investigations ont été relancées après que la mère d’une fillette de 27 jours, décédée fin décembre, a informé les enquêteurs de l’utilisation d’une boîte de lait de la même marque. Le procureur de la République a indiqué qu’il s’agissait d’une piste prise au sérieux, tout en soulignant qu’il était prématuré d’en faire la cause principale. Des prélèvements ont été envoyés en urgence à un laboratoire pour analyses.
Ces deux drames surviennent dans un contexte de vigilance accrue des pouvoirs publics. Début janvier, Nestlé a procédé à un retrait mondial de plusieurs références de laits Guigoz et Nidal, évoquant la présence potentielle d’une toxine. Quelques jours plus tard, le groupe Lactalis a annoncé à son tour un rappel étendu dans plusieurs pays pour un ingrédient, une huile spécifique, fourni par un sous-traitant basé en Chine et suspecté d’être à l’origine d’une contamination. Les ministères concernés ont qualifié cette alerte d’ampleur et évolutive, tout en assurant qu’une surveillance renforcée était mise en œuvre.
Les responsables politiques ont appelé à la plus grande prudence, rappelant l’obligation qui incombe aux industriels de garantir la sécurité de leurs produits et de réagir avec célérité en cas de doute. Une organisation non gouvernementale a annoncé son intention de déposer plainte afin, selon ses termes, que toute la lumière soit faite sur l’ensemble de ces opérations de retrait qui concernent un nombre considérable de produits à l’échelle internationale. Les enquêtes judiciaires et sanitaires se poursuivent pour déterminer les responsabilités et les chaînes de causalité.
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