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Des robes noires dans le filet du crime organisé

Trois avocats viennent d’être incarcérés pour liens présumés avec le narcotrafic. Leur point commun une entrée dans le pénal sans véritable accompagnement.

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Des robes noires dans le filet du crime organisé

Trois avocats viennent d’être incarcérés pour liens présumés avec le narcotrafic. Leur point commun une entrée dans le pénal sans véritable accompagnement.

Caroline S. était novice en droit pénal quand un détenu de haute sécurité l’a choisie comme avocate. Depuis le 7 juillet elle est en détention provisoire. Elle est soupçonnée d’avoir transmis des informations de son client à des groupes criminels. Son manque d’expérience aurait permis au détenu de la cibler avant de la dénoncer. Les autres avocats de ce client ont dénoncé une violation de la présomption d’innocence. Lui n’a pas été entendu dans cette affaire.

Kamel A. a été mis en examen et écroué en mars. Il est soupçonné d’avoir été corrompu pour permettre à un chef présumé de la DZ Mafia de communiquer avec l’extérieur depuis une prison de haute sécurité. Lui aussi exerçait à son compte avec relativement peu d’expérience. En octobre 2025 Mathilde S. avocate à Rouen a été mise en examen pour trafic de cannabis. Elle est aujourd’hui libre sous contrôle judiciaire après avoir fait appel d’une suspension de six mois. Elle était pourtant relativement expérimentée en droit pénal.

Comment un professionnel du droit bascule-t-il dans l’illégalité? Clarisse Serre spécialiste du grand banditisme évoque l’attirance pour le beau voyou mais aussi la faiblesse humaine et la dépression chez les robes noires solitaires. Diana Villegas maîtresse de conférence insiste sur le rôle de la précarité économique. Un avocat en région raconte qu’à ses débuts des clients lui demandaient de passer des cigarettes. Plusieurs pénalistes préviennent du risque d’engrenage. Il s’est accru avec des clients de plus en plus pressurisants surtout dans les quartiers de lutte contre la criminalité organisée. Une pénaliste établie raconte comment un client en QLCO lui a demandé de faire sortir des informations. Elle a refusé et mis fin au parloir.

Le Parquet national anticriminalité organisée s’est saisi de l’affaire Caroline S. Il voit dans ces faits un point de vigilance névralgique. Pour les détenus les avocats deviennent le seul point de passage vers l’extérieur même s’ils sont extrêmement contrôlés. Un avocat s’inquiète un jour un avocat va se faire tuer. Des pénalistes appellent à une meilleure formation et prévention sur les spécificités du narcotrafic pour éviter le pire.

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