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Des rats de l’Opéra aux étoiles du monde entier

À Nanterre, derrière les portes de l’École de danse de l’Opéra de Paris, un savoir-faire vieux de trois siècles se transmet de génération en génération.…

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Des rats de l'Opéra aux étoiles du monde entier

À Nanterre, derrière les portes de l’École de danse de l’Opéra de Paris, un savoir-faire vieux de trois siècles se transmet de génération en génération. Et il attire de plus en plus de jeunes danseurs venus de tous les continents.

On pousse la porte du bâtiment signé Christian de Portzamparc, à Nanterre, et c’est un tourbillon de vie. Des élèves en chaussons et survêtement s’échauffent devant les studios, certains discutent dans la cour, d’autres finissent une partie de baby-foot. L’ambiance est studieuse mais pas austère. À 9 heures, 12 heures ou 16 heures, peu importe le moment, chacun salue les visiteurs avec une révérence pour les filles, un hochement de tête pour les garçons. C’est le premier signe d’une tradition qui ne se contente pas de s’apprendre dans les livres.

Car ici, la danse classique à la française se vit plus qu’elle ne s’écrit. Elisabeth Platel, directrice de l’école depuis 2004 et ancienne étoile, le dit sans détour : la transmission repose sur l’oralité. « Il y a peu d’écrits et énormément d’archives vidéo », explique-t-elle. Le style français, héritier de la danse de cour de Louis XIV, du romantisme et des danses folkloriques, se « transpire » par le corps. Chaque professeur, comme Stéphane Bullion, ancien danseur étoile devenu enseignant des plus jeunes, se perçoit comme un maillon de la chaîne. Carole Arbo, qui enseigne aux plus grandes, confie que 90 % de ce qu’elle transmet lui a été appris par ses propres maîtres. Le résultat ? Une technique reconnue pour sa rapidité, sa précision, sa pureté, sans oublier l’artistique des grands ballets comme Giselle ou La Belle au bois dormant.

Ce patrimoine attire aujourd’hui des talents du monde entier. Cette année, 47 élèves sur 144 viennent de 20 pays différents : Malaisie, Brésil, Japon, États-Unis, Nouvelle-Zélande… En 2018, ils n’étaient que 20. Un changement radical qui oblige parfois à réapprendre les bases. Carina, jeune Roumaine en première division, avait d’abord étudié la technique russe Vaganova. Arrivée à l’École, elle a dû s’adapter à une exigence plus grande sur la vitesse, le placement des bras, la finition des mouvements. « La technique française est plus précise, plus demandée », assure-t-elle. Tous les élèves ne finiront pas dans le prestigieux Ballet de l’Opéra de Paris. Mais le bagage acquis leur permet de frapper à la porte des compagnies du monde entier. L’an dernier, sur 23 élèves en dernière division, sept ont intégré le corps de ballet. Un chiffre qui montre que l’excellence reste le maître mot, et que l’art de la danse à la française n’a pas fini de rayonner.

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