Planète
20 millions de milliards de fourmis nous racontent l’histoire du climat
Elles sont partout sans qu’on les voie. Une nouvelle étude révèle que leur incroyable diversité doit beaucoup aux changements de température et de niveau…


Elles sont partout sans qu’on les voie. Une nouvelle étude révèle que leur incroyable diversité doit beaucoup aux changements de température et de niveau des mers.
Le chiffre donne le vertige. Il y a environ 20 millions de milliards de fourmis sur Terre, réparties en 15 000 espèces différentes. Leur poids total dépasse celui de tous les oiseaux et mammifères sauvages réunis. Pourtant, on les remarque à peine, trop petites, trop discrètes. Mais ces insectes jouent un rôle colossal dans nos écosystèmes. Ils dispersent les graines dans les forêts, ce qui permet aux arbres de se renouveler. Ils creusent des galeries qui aèrent les sols. Sans eux, la vie végétale serait bien différente. Et leur histoire, longue de 140 millions d’années, est plus complexe qu’on ne l’imaginait.
Pendant longtemps, les scientifiques pensaient que la diversification des fourmis était surtout liée aux plantes à fleurs. Ces plantes, en offrant abri et nourriture, auraient poussé les fourmis à se diversifier. C’est en partie vrai, mais ce n’est pas toute l’histoire. Une nouvelle étude montre que les variations climatiques du passé ont eu une influence bien plus grande qu’on ne le croyait. La température et le niveau des mers ont joué un rôle clé dans l’apparition ou la disparition de certaines espèces. Les chercheurs ont testé plusieurs scénarios, combinant quatre facteurs environnementaux. Deux facteurs liés au vivant, comme les plantes à fleurs ou les conifères. Et deux facteurs physiques, comme la température et le niveau des océans. Résultat les variations physiques ont été sous-estimées.
Concrètement, chaque groupe de fourmis a réagi différemment. Par exemple, les variations du niveau marin ont façonné l’évolution des Solenopsidini. Les changements de température ont favorisé le développement des Heteroponerini. Tandis que les plantes à fleurs restent déterminantes pour les Leptanillini, et les conifères pour les Dolichoderini. Cette diversité de réponses montre que l’environnement est multiple. Aujourd’hui, alors que le dérèglement climatique s’accélère, comprendre ces mécanismes anciens aide à anticiper le déclin de la biodiversité. Les fourmis nous rappellent que chaque espèce réagit à sa manière. Et que pour les protéger, il faut regarder bien au-delà de ce que l’on voit.
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