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Cuba perd son dernier homme de l’ombre, compagnon du Che

Il était l’un des derniers survivants du voyage du Granma et le fondateur des redoutables services secrets cubains. Ramiro Valdés s’est éteint à 94 ans…

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Cuba perd son dernier homme de l'ombre, compagnon du Che

Il était l’un des derniers survivants du voyage du Granma et le fondateur des redoutables services secrets cubains. Ramiro Valdés s’est éteint à 94 ans, emportant avec lui un pan entier de l’histoire de la révolution.

Dans les allées du pouvoir cubain, on le croisait toujours en uniforme vert olive, la barbichette blanche et le sourcil droit levé en permanence. Ramiro Valdés n’était pas un simple dirigeant. Il portait le titre rare de commandant de la révolution. Avec Raúl Castro, aujourd’hui âgé de 95 ans, il faisait partie des tout derniers à avoir embarqué sur le yacht Granma en 1956, ce voyage qui a lancé la lutte armée contre la dictature de Batista. Mais son vrai pouvoir, il l’a exercé dans l’ombre. Peu de temps après la victoire de 1959, il a créé le G2, la sécurité de l’État. Un service de renseignement dont la réputation d’efficacité glaçait le pays. « Personne ne pouvait bouger sans que la sécurité le sache », expliquait-il lui-même en 2018, dans son unique entretien télévisé. Il racontait alors que cela avait permis d’infiltrer en profondeur les groupes d’opposants armés.

Son nom est resté associé aux années les plus dures de la confrontation entre le nouveau pouvoir et ses ennemis. Comme ministre de l’Intérieur de 1961 à 1968, puis de nouveau de 1979 à 1985, il a géré une époque de répression implacable. Il était connu pour être avare de mots et d’une loyauté sans faille envers Fidel Castro. Raúl Castro disait de lui « sa fidélité à la Révolution, son dévouement au travail, sa modestie et sa simplicité », même si leurs relations furent longtemps tumultueuses. Pourtant, cet homme de l’ombre a aussi su évoluer. Dans ses dernières années, il a soutenu le président Miguel Díaz-Canel, le premier dirigeant cubain ne portant pas le nom Castro. On l’a même vu superviser l’installation de parcs solaires, alors que Cuba s’enfonce dans une crise énergétique inédite.

Sa carrière ne s’est pas arrêtée aux frontières de l’île. En 2010, il a passé plusieurs mois au Venezuela, officiellement comme conseiller dans le secteur énergétique. Mais l’opposition vénézuélienne affirmait qu’il était surtout là pour former les services de renseignement du gouvernement chaviste. Une coopération qui a connu un coup dur en janvier dernier, quand des militaires cubains ont été capturés lors d’une opération américaine. Trente-deux soldats cubains y ont laissé la vie, ce qui a mis fin aux livraisons de pétrole vénézuélien et plongé Cuba dans une crise économique encore plus grave. Ramiro Valdés, lui, aura vu la révolution de l’intérieur, depuis l’attaque de la caserne Moncada en 1953 jusqu’à ses derniers jours passés à construire des panneaux solaires pour un pays à bout de souffle.

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