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Les mangues du Pakistan pourrissent sur place à cause de la guerre au Moyen-Orient

La récolte est belle mais les agriculteurs pleurent. Les conflits au Moyen-Orient ont fait chuter les exportations et exploser les prix du transport.…

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Les mangues du Pakistan pourrissent sur place à cause de la guerre au Moyen-Orient

La récolte est belle mais les agriculteurs pleurent. Les conflits au Moyen-Orient ont fait chuter les exportations et exploser les prix du transport. Résultat des milliers de tonnes de mangues dorées risquent de finir en nourriture pour bétail.

Dans les vergers du sud du Pakistan, la saison des mangues bat son plein. Les arbres plient sous le poids des fruits à la chair dorée et parfumée. Les agriculteurs, eux baissent les bras. La guerre au Moyen-Orient a bouleversé leur économie. Les pays du Golfe, premiers clients du Pakistan pour ses mangues, n’achètent plus. Et ceux qui voudraient exporter doivent faire face à des prix de transport multipliés par cinq en un an. Un conteneur de 25 tonnes coûtait 1 400 dollars l’an dernier. Aujourd’hui il frôle les 7 000 dollars. Les marges des producteurs fondent comme neige au soleil.

Mohammad Shakeel exploitant près de Tando Allahyar en fait les frais. Ses vergers s’étendent sur près de mille hectares mais il n’est même plus sûr de pouvoir payer la location. Certains de ses confrères ont carrément renoncé à récolter. Pourtant la variété sindhri qu’il cultive est réputée pour sa chair juteuse et sucrée. Mais la guerre en Iran, la frontière fermée avec l’Afghanistan et les tensions dans tout le Golfe ont tari les débouchés. Même le protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran sous médiation pakistanaise arrive trop tard. Les pertes sont déjà là.

Au marché de Karachi les étals débordent de mangues bradées à moitié prix. 200 roupies le kilo soit 65 centimes d’euro. Moitié moins que d’habitude. Pourtant les clients hésitent. L’inflation galope à 10% et la guerre dans le Golfe pèse sur le pouvoir d’achat. Comme le résume un habitant interrogé sur le marché quand on doit choisir entre du pain et des mangues le choix est vite fait. Résultat des tonnes de fruits risquent de pourrir sur place ou de finir dans l’alimentation animale. Faute d’industrie de transformation pour en faire des jus ou des compotes le gâchis est inévitable. Le Pakistan quatrième exportateur mondial de mangues va perdre près de 30% de ses ventes cette année. Une manne de 110 millions de dollars qui fond sous l’effet des conflits régionaux.

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