Politique
Christelle Thieffinne prend les rênes de la CFE-CGC, son prédécesseur étrille le gouvernement
La CFE-CGC a une nouvelle présidente, élue sans surprise lors du congrès à Strasbourg. Avant de passer la main, François Hommeril a livré un discours…


La CFE-CGC a une nouvelle présidente, élue sans surprise lors du congrès à Strasbourg. Avant de passer la main, François Hommeril a livré un discours d’adieu féroce contre l’exécutif et le macronisme.
Christelle Thieffinne, ingénieure de 54 ans, est désormais à la tête du syndicat de l’encadrement. Elle était la seule candidate et a recueilli 610 voix sur 701 délégués, avec 91 abstentions. Cette ancienne de Thales AVS, issue de la Fédération de la métallurgie, a fait toute sa carrière dans le privé. Elle promet de hisser la CFE-CGC au rang de troisième organisation syndicale du pays. Le syndicat gagne du terrain, avec 168 000 adhérents en 2024 contre 150 000 six ans plus tôt. Une progression portée par la hausse du nombre de cadres dans la population active et une féminisation marquée de ses rangs.
Dans son discours de départ, François Hommeril n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé une politique mise au service des marchés, un code du travail « saccagé » et des instances représentatives du personnel « démontées ». Sa cible préférée est restée le macronisme, qu’il qualifie d’« apothéose du renoncement ». Il a même évoqué des « ministres imbéciles » incapables de comprendre ce qu’ils dirigent. Sous les huées et les applaudissements, il a livré un réquisitoire de dix ans de combats. Un passage de témoin sous tension, alors que la CFE-CGC veut peser dans les débats sur les retraites et la présidentielle de 2027.
Avec Christelle Thieffinne, trois des cinq grands syndicats français sont désormais dirigés par des femmes, après Sophie Binet à la CGT et Marylise Léon à la CFDT. La nouvelle présidente assure qu’elle restera fidèle à l’unité syndicale, malgré les différences. « La CFE-CGC sera dans l’intersyndicale, aucun doute là-dessus », a-t-elle affirmé. De quoi maintenir une pression commune sur le gouvernement, comme l’a rappelé Sophie Binet avec ironie : « Je remercie Emmanuel Macron et Patrick Martin, qui nous soudent. » La suite s’annonce animée.
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