Europe
Ceuta, Madrid s’explique sans accuser Rabat
Pedro Sánchez affirme n’avoir aucune preuve solide contre le Maroc dans la crise de Ceuta. Il promet pourtant que les enclaves resteront espagnoles et…


Pedro Sánchez affirme n’avoir aucune preuve solide contre le Maroc dans la crise de Ceuta. Il promet pourtant que les enclaves resteront espagnoles et annonce une visite royale.
Le chef du gouvernement espagnol a remonté à la tribune du Parlement pour défendre sa gestion de la crise migratoire de Ceuta. Depuis un mois, l’Espagne vit au rythme des questions autour de cet afflux massif de personnes survenu fin juillet. Des dizaines de milliers de migrants avaient franchi la frontière en deux jours, une ruée qui a laissé des morts et des disparus. L’opposition de droite et d’extrême droite est persuadée que le Maroc a orchestré cette manœuvre. Un rapport de police évoque même la permissivité des forces marocaines pendant ces deux journées.
Pedro Sánchez n’en démord pas. Aucun service espagnol ni aucun organisme international ne lui a fourni de preuve solide d’une planification par Rabat. Il l’a répété sans détour devant les députés. Si une telle preuve existait, a-t-il prévenu, la réponse serait d’une fermeté totale. Le climat politique reste pourtant électrique. Certains alliés de gauche partagent les soupçons de l’opposition, et la pression ne retombe pas sur l’exécutif.
Le Premier ministre a également choisi ce moment pour riposter sur un autre terrain. Des propos récents de deux ministres marocains ont mis le feu aux poudres. L’un d’eux a revendiqué la marocanité de Ceuta et de Melilla. Des déclarations jugées inacceptables à Madrid, qui a convoqué l’ambassadrice marocaine le 21 août. Face à l’hémicycle, Pedro Sánchez a lancé que ces deux villes sont espagnoles depuis des siècles et le resteront jusqu’à la fin des temps. Il a aussi appelé le roi Felipe VI à s’y rendre dans les prochaines semaines, une première depuis 2007.
Ce geste diplomatique ne doit rien au hasard. Le Maroc considère ces enclaves comme des territoires occupés, même s’il ne pousse pas cette revendication auprès de l’ONU. Le vieux contentieux du Sahara occidental complique encore la donne. Madrid soutient désormais la solution marocaine sur ce dossier, ce qui n’empêche pas les tensions de ressurgir. Pendant ce temps, à Ceuta, plusieurs milliers de migrants restent toujours bloqués dans une ville qui compte à peine plus de 80.000 habitants. La crise, elle, ne demande qu’à se rallumer.
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