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Manque d’eau en France, ces pistes qui pourraient éviter la pénurie

La sécheresse a mis le robinet sous pression sur une grande partie du territoire. Des solutions existent pour éviter la pénurie et elles demandent parfois…

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Manque d'eau en France, ces pistes qui pourraient éviter la pénurie

La sécheresse a mis le robinet sous pression sur une grande partie du territoire. Des solutions existent pour éviter la pénurie et elles demandent parfois de simples gestes individuels.

L’été a été rude. Peu de pluie, des vagues de chaleur à répétition, et la France s’est retrouvée à devoir acheminer de l’eau par camions-citernes ou distribuer des bouteilles dans certaines communes. Au plus fort de la crise, l’ensemble du territoire métropolitain a été soumis à des restrictions. Soixante départements ont même atteint le niveau maximum, celui de crise. Les épisodes de ce type vont se multiplier. Alors, comment éviter que les robinets ne se vident ? Plusieurs leviers existent, sans parler de solution miracle.

Premier levier, la sobriété. Pour Stanislas Pouradier-Duteil, président de la commission scientifique et technique de la Fédération des entreprises de l’eau, la responsabilité individuelle compte énormément. Les compteurs dits télérelevés permettent de surveiller les consommations à distance, et environ un tiers des foyers en sont déjà équipés. Quand une consommation devient anormale ou que la situation est extrême, les usagers peuvent recevoir un SMS. L’objectif est simple, faire prendre conscience de ce que l’on utilise à la maison.

Autre chantier majeur, les fuites. En France, un cinquième de l’eau potable produite se perd avant d’arriver au robinet, soit près d’un milliard de mètres cubes chaque année. Pour repérer les canalisations défectueuses, les exploitants utilisent des capteurs acoustiques capables de déceler les vibrations anormales, et même l’intelligence artificielle. Réparer coûte cher, mais c’est essentiel. L’hydrologue Charlène Descollonges souligne que ce travail ne doit pas se limiter aux réseaux d’eau potable. Les réseaux d’assainissement et d’irrigation agricole ont aussi besoin d’attention.

Il est aussi possible de reconstituer les nappes phréatiques avant l’été. Le principe consiste à prélever de l’eau dans les rivières quand elles sont abondantes, ou à utiliser des eaux usées traitées, pour la réinjecter dans le sous-sol. Cette méthode est particulièrement utile dans les régions touristiques où la consommation explose. Autre piste, réutiliser les eaux usées après leur passage en station d’épuration. La France ne recycle qu’environ 1% de ses eaux usées, alors que l’Espagne en réutilise 15%. Un énorme potentiel pour l’agriculture, l’industrie et le tourisme, mais un procédé qui coûte cher.

Les interconnexions entre réseaux peuvent ensuite créer une solidarité entre territoires. Quand une commune a trop d’eau et sa voisine pas assez, on relie les deux unités de distribution. En zone rurale, cela permet de sécuriser l’approvisionnement. Mais il ne faut pas que cette solution crée l’illusion d’une ressource inépuisable. Le dessalement, lui, consiste à forcer l’eau de mer à travers une membrane sous haute pression pour la rendre potable. Il est déjà pratiqué dans les pays du Golfe, en Espagne ou au Royaume-Uni. Pour certains territoires français confrontés au manque d’eau, il pourrait un jour apporter une réponse. Mais le procédé est très énergivore et rejette de la saumure, un concentré salé qui menace la biodiversité.

Enfin, il faut redonner aux rivières leur capacité à retenir l’eau. Sur l’estuaire de la Loire, des travaux d’envergure ont permis de ralentir le cours du fleuve, qui coulait trop vite et s’enfonçait, faisant baisser le niveau des nappes alentour. À plus petite échelle, l’association Pour une hydrologie régénérative forme des agriculteurs à planter des arbres, créer des mares et des fossés d’infiltration. Les cours d’eau ont été trop souvent dénaturés par les drainages, les aménagements pour le transport ou l’extraction de graviers. Le but est de les rendre capables d’absorber les excédents de pluie et de conserver l’eau pendant les périodes sèches. Mais ces actions doivent être menées massivement pour avoir un vrai effet.

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