Europe
Bruxelles et Washington bien plus proches qu’on ne le pense sur la tech
Les géants de la tech dénoncent la réglementation européenne, mais Bruxelles répond que Washington n’est pas si éloigné de ses exigences. Henna Virkkunen…


Les géants de la tech dénoncent la réglementation européenne, mais Bruxelles répond que Washington n’est pas si éloigné de ses exigences. Henna Virkkunen défend une approche où protéger les citoyens et innover ne s’opposent pas.
La vice-présidente de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique a profité de la réunion ministérielle du G20 sur l’innovation en Caroline du Nord pour calmer le jeu. Henna Virkkunen estime que les oppositions entre Bruxelles et Washington sur l’encadrement du numérique sont avant tout théoriques. En Europe, les règles arrivent avant que les produits ne soient déployés, tandis qu’aux États-Unis, la justice s’en mêle après coup. Mais selon elle, les enquêtes finissent par viser les mêmes entreprises et les mêmes pratiques. Une manière de répondre aux critiques répétées de patrons comme Jensen Huang ou Elon Musk, qui ont encore dénoncé lors de cette réunion une réglementation européenne jugée trop lourde.
La commissaire finlandaise ne voit pas d’opposition entre innovation et réglementation. Elle s’appuie sur un sondage Eurobaromètre montrant que 80% des Européens veulent un encadrement strict de l’intelligence artificielle par sécurité. Pour elle, les citoyens doivent pouvoir accorder leur confiance à ces technologies. Elle rappelle aussi que Bruxelles prépare des simplifications de certaines règles. Quant aux États-Unis, l’absence de loi fédérale ne signifie pas un vide juridique. Des centaines de textes sur l’IA existent au niveau des États, une fragmentation que l’AI Act européen veut justement éviter en imposant une règle unique sur tout le marché intérieur.
Le dossier de la protection des mineurs illustre selon Henna Virkkunen une vraie convergence transatlantique. L’accord conclu fin août entre Meta et presque tous les États américains prévoit des couvre-feux nocturnes et des limites de temps pour les adolescents sur Instagram et Facebook. En Europe, le règlement sur les services numériques oblige déjà les plateformes à permettre le signalement de contenus illégaux et à laisser les utilisateurs choisir leurs recommandations. Mais les couvre-feux n’existent pas dans le droit européen. Bruxelles partage toutefois les inquiétudes sur le caractère addictif des services et a ouvert plusieurs procédures contre Meta, TikTok et Snapchat. La Commission se dit prête à renforcer les règles si nécessaire, tout en estimant que les plateformes peuvent agir immédiatement.
Du côté de l’intelligence artificielle, les sanctions prévues par l’AI Act sont applicables depuis août, et la plupart des grands développeurs collaborent déjà volontairement. Selon la commissaire, ils ont compris qu’ils devront se plier aux exigences européennes pour continuer à opérer sur ce marché. Elle a aussi évoqué l’implantation des centres de données, un sujet de plus en plus disputé. Plutôt que de laisser les entreprises s’installer uniquement là où l’énergie est propre, abondante et bon marché, elle appelle à une répartition équilibrée entre tous les pays de l’Union, car ces infrastructures font partie du socle numérique commun.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 5 joursÀ Port-Grimaud, les copropriétaires veulent divorcer de leur commune



PolitiqueEn Ligne 6 joursDavid Lisnard rempile à la tête des maires de France



PolitiqueEn Ligne 6 joursSénatoriales, le RN veut sa place pendant que droite et gauche se divisent



PolitiqueEn Ligne 6 joursAurore Bergé refuse de qualifier le « grand remplacement » de raciste et se fait recadrer jusque dans son camp



ÉconomieEn Ligne 6 joursLe couperet de l’inflation plane sur Trump à quelques semaines du vote



SociétéEn Ligne 2 joursCes influenceurs qui vendent du rêve et que leurs abonnés commencent à lâcher



MondeEn Ligne 6 jours25 ans après le 11-Septembre, New York se recueille sans Trump et avec un maire musulman



CultureEn Ligne 4 joursCéline Dion de retour sur scène, en larmes devant 30 000 fans à Nanterre








