Nous rejoindre sur les réseaux

Politique

Budget 2027, Lecornu supplie les socialistes et sauve la mise grâce au RN

Les députés PS ont déposé une motion de rejet contre le budget de l’État et le Premier ministre a tenté, sans succès, de les faire renoncer. Le…

Article

le

Budget 2027, Lecornu supplie les socialistes et sauve la mise grâce au RN

Les députés PS ont déposé une motion de rejet contre le budget de l’État et le Premier ministre a tenté, sans succès, de les faire renoncer. Le Rassemblement national refuse de faire tomber le texte, ce qui devrait laisser la discussion suivre son cours.

Sébastien Lecornu a joué son va-tout mardi. Face aux socialistes bien décidés à défendre une motion de rejet préalable sur le projet de budget 2027, le Premier ministre a écrit aux chefs de groupe et à la direction du PS. Son argument tient en une formule. Refuser la discussion budgétaire serait « le plus mauvais signal » que l’Assemblée nationale puisse envoyer. Un appel resté lettre morte.

Pour tenter de retourner la situation, il propose d’avancer avec les socialistes sur au moins trois chantiers, les violences faites aux femmes et la protection des enfants, l’agriculture, puis la jeunesse et l’avenir de l’école. Une main tendue, mais avec une condition qu’il ne lâche pas. La trajectoire d’un déficit public ramené à 5% du PIB en 2027, quoi qu’il arrive.

La fin de non-recevoir n’a pas traîné. « Le Premier ministre se moque de nous », lâche le porte-parole Arthur Delaporte. Sa collègue Mélanie Thomin lui reproche une « porte fermée à toute mesure de justice fiscale au nom de la sacro-sainte stabilité ». Un ton qui tranche avec l’an dernier, quand les députés PS avaient laissé passer le budget en évitant la censure. Cette fois, ils jugent qu’aucune inflexion n’est venue sur la mise à contribution des plus riches ni sur la préservation des plus modestes.

Le sort de la motion se joue donc ailleurs, sur les bancs du Rassemblement national. Jean-Philippe Tanguy, chef de file du groupe sur les questions budgétaires, a annoncé un vote contre. Conséquence directe, la motion devrait être rejetée et l’examen du texte démarrer normalement. Le RN assume son choix, il veut aller au débat plutôt que d’offrir au « gouvernement macroniste » le cadeau d’échapper à la confrontation dans l’hémicycle, surtout à quelques mois de la présidentielle. S’il avait voté pour, tout le projet de budget aurait été renvoyé au Sénat dès la première lecture.

Le gouvernement se fait de toute façon peu d’illusions sur ses chances d’obtenir un vote classique. Le passage en commission des Finances a été brutal, le texte a été remanié avant d’être rejeté par 31 voix contre, trois pour et deux abstentions. Pour atteindre sa cible de déficit, l’exécutif assume environ 45 milliards d’euros d’efforts nouveaux en 2027, en mettant notamment les retraités à contribution. Les pensions ne seraient plus indexées au-delà de 1.256 euros dans le budget de la Sécurité sociale, et l’abattement de 10% sur l’impôt sur le revenu dont ils bénéficient serait réduit dans celui de l’État. Des choix qui clivent jusqu’au sein de la majorité.

Dans l’entourage de l’exécutif, on l’affirme sans détour. Ce qui compte, c’est de rassurer les marchés. « Les marchés financiers ont besoin de sentir que quoi qu’il arrive on va finir à 5% », résume-t-on, persuadé que les débats parlementaires se termineront par un 49.3 ou des ordonnances. Sans majorité, Lecornu pourrait en effet ressortir l’article 49.3 comme l’an dernier, en échange d’une non-censure. Sauf que les socialistes y sont bien moins disposés, eux qui accusent le gouvernement de faire des clins d’œil à l’extrême droite en instaurant un délai de carence pour certaines allocations versées aux étrangers. L’exécutif s’en défend.

Marine Le Pen, elle, assure préférer un budget, même « imparfait », convaincue de pouvoir le retoucher en profondeur si elle remporte la présidentielle. De quoi agacer certains cadres macronistes, qui redoutent qu’une contestation sociale grandissante finisse par pousser le RN à voter la censure. Reste un dernier levier pour Lecornu, les ordonnances budgétaires. Jamais utilisées, elles permettraient d’adopter le budget sans le moindre vote, à condition de patienter jusqu’au 18 décembre, après 70 jours d’examen.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus