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À Rennes 2, voter Mélenchon coule de source

Sur le campus rennais, la gauche radicale fait figure d’évidence pour une large part de la jeunesse étudiante. Une enquête nationale confirme cette avance…

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À Rennes 2, voter Mélenchon coule de source

Sur le campus rennais, la gauche radicale fait figure d’évidence pour une large part de la jeunesse étudiante. Une enquête nationale confirme cette avance chez les 18-24 ans, alors que l’université est bloquée depuis une semaine.

Sur le campus de Rennes 2, la question ne se pose presque plus. Pour une majorité des étudiants rencontrés, le choix de La France insoumise en vue de la présidentielle va de soi. Zoé, 20 ans, étudiante en Histoire de l’art, installée sur une chaise longue pour profiter du soleil, résume le sentiment ambiant. Elle dit adhérer « totalement » aux propos de Jean-Luc Mélenchon et apprécie « les valeurs d’humanité » qu’il met en avant. À ses yeux, le leader insoumis « est fort », « s’exprime bien » et fait figure de « grand rhéteur » face à Glucksmann, Bardella ou Le Pen. Sur ce campus, LFI est « extrêmement majoritaire ».

Ce ressenti local rejoint une tendance bien plus large. Une enquête électorale de la fondation Jean Jaurès publiée en septembre place Jean-Luc Mélenchon largement en tête chez les 18-24 ans, avec 41 % à 44 % des intentions de vote. Marine Le Pen, de son côté, recueille 20 % à 22 % dans cette tranche d’âge. Noémie Piolat, chercheuse à Sciences Po, parle d’une « grande tendance » et rappelle qu’il y a vingt ans, les voix des jeunes étaient bien plus éclatées. Le paysage s’organise désormais autour de trois pôles, LFI, le bloc du centre et l’extrême droite, avec une communauté insoumise très active sur les réseaux sociaux.

À Rennes 2, haut lieu de la contestation étudiante, certains s’étonnent même qu’on puisse s’interroger sur le vote d’avril. Agathe, en licence Humanités, choisira le parti de gauche radicale parce que Jean-Luc Mélenchon s’adresse particulièrement « aux jeunes ». Ses discours en faveur des plus défavorisés portent dans une faculté où 40 % des 20 000 étudiants sont boursiers. Depuis une semaine, l’université est bloquée en solidarité avec les lycéens. À l’intérieur des bâtiments, d’importantes dégradations ont été constatées, ce qui a donné lieu au dépôt de plaintes.

Marie Mesmeur, députée insoumise d’Ille-et-Vilaine et ancienne syndicaliste étudiante, soutient le mouvement. Elle affirme « parler à la jeunesse touchée par la précarité », avec des propositions comme la « garantie d’autonomie », une sorte de revenu minimum, ou encore « l’abrogation de Parcoursup et du tri social à l’entrée de l’université ». D’après elle, Rennes est « insoumise » dans sa sociologie, parce que beaucoup d’étudiants « découvrent la précarité » dans l’une des métropoles de province où le logement coûte le plus cher.

L’ambiance du campus laisse de fait peu de place à la contradiction. On y croise des tee-shirts propalestiniens et des vêtements affichant des slogans anti-policiers, tandis que les graffitis appelant à la révolte se multiplient. Deux étudiantes, qui viennent de profiter d’un repas à un euro au resto U, expliquent qu’il est « difficile » de trouver de la « nuance » politique ici. « Ceux qui ne sont pas LFI se sentent un peu exclus ou ne s’expriment pas », confie l’une d’elles, sous couvert d’anonymat.

Le regard du gouvernement est nettement plus dur. Une source gouvernementale évoque « une LFIsation brutale de l’université, des étudiants et enseignants », en particulier dans les facultés de Sciences humaines et sociales comme Rennes 2, où elle pointe « des positions très démagogues ». « Le PS a disparu et a été remplacé par LFI », résume cette source, un basculement qui peut nourrir « un sentiment de dérive de l’université » dans une partie de la société française.

Tous ne partagent pourtant pas ce diagnostic. Près d’un stand de l’Union pirate, syndicat proche de LFI, Noa, 18 ans, étudiante en Art du spectacle, juge le programme insoumis « très précis » sur la culture, la jeunesse et l’écologie. Elle dénonce « une diabolisation de Jean-Luc Mélenchon » qui explique selon elle qu’il ne soit « pas plus populaire » dans l’ensemble de la population. Et de soutenir qu’il existe « beaucoup de désinformation sur ce parti dans les grands médias financés » par les riches.

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