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Trois corps calcinés dans des voitures, cinq accusés face à la cour d’assises d’Aix

Fin 2020, trois hommes liés au trafic de stupéfiants étaient retrouvés morts dans des véhicules incendiés près de Marseille. Leur triple assassinat est…

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Trois corps calcinés dans des voitures, cinq accusés face à la cour d'assises d'Aix

Fin 2020, trois hommes liés au trafic de stupéfiants étaient retrouvés morts dans des véhicules incendiés près de Marseille. Leur triple assassinat est jugé pendant trois semaines à Aix-en-Provence, sous un dispositif de sécurité hors norme.

Le décor donne le ton. Aux abords de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, les rues sont bouclées, des fonctionnaires patrouillent dans les ruelles et un hélicoptère tourne au-dessus du centre-ville. Dans la salle, onze policiers cagoulés sont postés dans le box des accusés. Les débats doivent durer trois semaines, devant une cour d’assises composée uniquement de magistrats professionnels, les risques de pression sur des jurés ayant été jugés trop élevés. Cinq hommes comparaissent, dont deux figures de la grande criminalité marseillaise.

Parmi les parties civiles, Amine Kessaci. À 23 ans, l’adjoint au maire de Marseille vit sous protection depuis plus d’un an. Il est arrivé entouré de policiers cagoulés et a répété, avant d’entrer, qu’il venait « pour la justice, sans esprit de vengeance ». Son grand frère Brahim, 22 ans, figure parmi les victimes. Il avait réchappé à deux tentatives d’assassinat la même année. La famille a été de nouveau frappée en novembre 2025, avec la mort de Mehdi, 20 ans, abattu par un commando à moto en plein centre de Marseille alors qu’il n’avait rien à voir avec le trafic. Un des avocats des Kessaci a résumé l’épreuve en évoquant ce que représente, pour une mère et un frère, le fait de croiser dans une salle d’audience le regard de ceux qui ont probablement tué leur fils et leur frère.

Les faits remontent à la fin de l’année 2020, en pleine guerre des territoires à Marseille, bien avant que la DZ Mafia n’impose sa loi sur le trafic. Le 29 décembre, un véhicule est retrouvé incendié dans un tunnel autoroutier. Deux corps calcinés gisent dans le coffre et sur le siège passager, chacun avec une balle dans la tête. Il s’agit de Réda Khaldi et de Brahim Chabane. Le 6 janvier, une autre voiture brûlée est découverte, avec un troisième corps à l’intérieur, calciné et démembré, celui de Nassim Loubani. L’enquête établira que les trois hommes, tous impliqués dans le trafic, connaissaient leurs assassins et s’étaient rendus à un guet-apens à Châteauneuf-les-Martigues, près de Marseille.

Dans le box, Karim Harrat, surnommé « Rant », et Amine Oualane, dit « Mamine », nient toute implication. Le premier est accusé d’avoir piloté et financé l’opération depuis Dubaï, avec l’envie d’écarter trois hommes qui perturbaient ses réseaux. Le second aurait servi de relais principal sur le terrain et compté parmi les tireurs. Il s’était échappé lors d’une permission et restait en cavale depuis plusieurs mois. Tous deux sont mis en cause dans d’autres assassinats ou tentatives, parfois organisés depuis la prison. Harrat, extradé du Maroc en 2023, a été condamné en janvier à dix ans de prison comme donneur d’ordres d’un réseau de stupéfiants, puis en mars à vingt-cinq ans pour un double assassinat commis en 2019, un procès où Oualane, lui, avait été acquitté. Le nom de « Mamine » apparaît aussi comme une piste dans l’assassinat de Mehdi Kessaci.

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