Économie
Le jeu vidéo français arrive à la Paris Games Week avec des bleus au moral
Le salon parisien ouvre ses portes dans un climat morose, après l’élan suscité par Clair Obscur Expedition 33. Fermetures, licenciements et finances…

Le salon parisien ouvre ses portes dans un climat morose, après l’élan suscité par Clair Obscur Expedition 33. Fermetures, licenciements et finances fragiles pèsent sur un secteur qui tente de se recentrer sur l’essentiel.
L’ambiance n’est pas à la fête. À l’image d’une industrie française du jeu vidéo fragilisée, la quinzième édition de la Paris Games Week s’ouvre avec un moral en berne. Plusieurs acteurs majeurs ont licencié au cours de l’année, d’Ubisoft à Don’t Nod en passant par Nacon et Quantic Dream. Des ventes inférieures aux attentes et des financements devenus difficiles ont asphyxié des structures pourtant bien installées. Le constat est simple. Le jeu vidéo, déjà risqué, devient très risqué à financer.
Les chiffres confirment ce climat. Près d’un studio sur deux se déclare déficitaire, un taux en forte hausse sur un an. Le secteur emploie entre 10 000 et 15 000 personnes dans plus d’un millier de structures. Il se coupe en deux. D’un côté, des studios en difficulté. De l’autre, quelques réussites de la scène indépendante qui tirent leur épingle du jeu. Face à une offre pléthorique, beaucoup de titres ne parviennent pas à être rentables. Les investisseurs regardent désormais à deux fois avant de mettre de l’argent dans un projet.
La Paris Games Week tente de retrouver son cap. Après une édition qui avait fait la part belle aux concerts et à la pop-culture, le salon veut remettre le jeu vidéo au centre. Plus de postes de jeux seront proposés aux visiteurs. Les organisateurs reconnaissent avoir voulu aller trop vite la fois précédente, avec une programmation jugée foisonnante et parfois trop éloignée de la base du jeu vidéo. Plus de 150 titres seront jouables. Le Pavillon France mettra en avant plus d’une trentaine de productions locales.
Du côté des constructeurs, Sony et Nintendo répondent présents. Microsoft se fera plus discret, via une collaboration avec IKEA autour de l’univers Xbox. Parmi les titres les plus attendus, le nouveau Call of Duty Modern Warfare 4, le dernier volet du remake de Final Fantasy VII et Rayman Legends Retold, remake d’un jeu de plateforme d’Ubisoft. Grand absent, GTA VI ne sera pas sur le salon. Son effet sur les ventes de la période des fêtes reste très attendu, avec une concurrence qui s’annonce rude sous le sapin.
Le salon est de nouveau raccourci d’une journée. Les organisateurs espèrent au moins égaler la fréquentation précédente. Mais le défi dépasse la porte de Versailles. Les réseaux sociaux et les plateformes de streaming occupent une place grandissante. Le nombre de joueurs recule en France, un phénomène inédit. Un combat culturel se joue pour ramener le public vers le jeu vidéo. Pour certains observateurs, le plus dur serait déjà passé pour les grosses et moyennes entreprises. Le jeu vidéo demeure de loin la première industrie culturelle française, et les investissements sont repartis à la hausse. Reste à transformer cet élan en succès durables, sans compter sur un seul blockbuster pour porter tout le secteur.
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